Le salutaire retour du clivage gauche/droite Réponse

Par Renaudot

En politique, la réalité compte souvent moins que la perception de la réalité qu’en ont les électeurs. La question du clivage gauche/droite en est une bonne illustration.

Dans la réalité, le clivage gauche/droite n’a jamais cessé d’exister. La politique menée par François Hollande depuis 2012 a été combattue pour l’essentiel par la droite et le Medef. Mariage pour tous, refus de la dérive sécuritaire, maintien de l’ISF, tiers-payant généralisé, volontarisme environnemental, priorité donnée à l’Éducation nationale, garantie-jeunes, retraite à 60 ans pour ceux qui ont commencé à travailler jeunes, compte pénibilité pour les salariés, sont quelques exemples parmi bien d’autres de la politique menée par la gauche et qui marquent des divergences fortes entre les deux camps.

Dans la perception que les Français en ont eu, il n’en a pas été de même, loin s’en faut. Depuis de nombreuses années, ils sont nombreux à penser que gauche et droite, c’est blanc bonnet et bonnet blanc, que les clivages des tribunes laissent rapidement la place aux convergences de gestion. La formule UMP-PS rabâchée par le Front national a connu le succès qu’on sait parce qu’elle a rencontré une opinion répandue. L’abstention en a été une autre manifestation.

Il se pourrait bien que la primaire de droite ait changé la donne. Des millions de Français ont regardé les débats et vu ces 7 candidats, debout les uns à côté des autres, lancés dans une folle course à l’échalote du libéralisme et du ‘’sécuritarisme’’ : c’était à celui qui allait le plus déréguler, privatiser le plus la sécurité sociale, purger le plus brutalement L’état et sa fonction publique, faire le plus d’économies budgétaires, enfermer le plus grand nombre de personnes non condamnées, être le plus « droite décomplexée ». Et ils ont constaté, et parfois y ont participé, que le gagnant est celui qui a promis le plus de ‘’plus’’. Dans la comparaison avec la gauche, y compris de gouvernement, la différence saute désormais aux yeux. Marine Le Pen y perd un de ses arguments forts.

Un espace s’ouvre à la gauche pour mener avec des chances de l’emporter cette bataille idéologique salutaire pour notre démocratie. Paradoxalement cette primaire réussie de la droite donne un espoir à la gauche d’au moins figurer au second tour de la présidentielle.
A condition qu’enfin le sens de l’intérêt général l’emporte sur les égos démesurés qui font penser à chacun de la douzaine de candidats aujourd’hui déclarés à gauche qu’il est le détenteur de LA vérité et qu’il peut être LE sauveur.

Le retour du clivage droite gauche est une condition nécessaire à la victoire mais pas suffisante. L’autre condition évidente mais qu’ils ne semblent pas vouloir voir, dans une sorte d’aveuglement collectif, c’est qu’une bonne partie de la gauche soit rassemblée dès le 1er tour pour passer cet obstacle et donner de l’espoir à son peuple. Tout l’enjeu est là désormais.

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