Le retour d’Iznogoud Réponse

Par Cyrano

Dans les relations internationales, les intentions inamicales ont besoin d’un prétexte pour se transformer en action belliqueuse. Il en va de même en politique.

Si François Hollande a eu un tort en confiant la chronique pédagogique de son quinquennat aux journalistes Davet et Lhomme, c’est celui d’offrir à ceux de son camp qui se rêvent califes à la place du calife le prétexte dont ils avaient besoin pour engager les hostilités et tenter de « tuer le père » sans endosser le costume infamant de Brutus.

Rien de très neuf sous le soleil du pouvoir, serait-on tentés de dire. Les lecteurs d’Iznogoud y retrouveront leurs personnages familiers : Iznogoud, le Vizir dévoré d’ambition qui veut prendre la place de son calife Haroun el-Poussah grâce à l’aide de son homme à tout faire Dirat Laraht. Mais ce qui relève de la farce dans cette bande dessinée, concerne, dans la réalité, notre pays, ses 65 millions d’habitants, son équilibre institutionnel, la capacité du pouvoir à affronter les crises.

L’ambition, si elle est naturelle, doit avoir comme limite le sens de l’État qui, on l’espère, habite ceux qui acceptent et briguent des responsabilités. Cette digue aussi est en train de rompre.

Lorsqu’un Premier ministre évoque devant des journalistes la « colère » personnelle que les propos du président de la République lui ont inspirée et la « honte » des militants socialistes, quand il tend la corde de sa relation avec le président jusqu’à la limite de la rupture pour l’empêcher d’être candidat, il prend le risque d’ouvrir une crise institutionnelle avec le chef de l’exécutif et cela, ce n’est pas l’intérêt du pays.

Lorsqu’un président de l’Assemblée nationale, 4ème personnage de l’Etat, vieux (très vieux) routier de la politique « humilié » par un commentaire sur son compte (sic), appelle à une primaire opposant le président de la République et son premier ministre, on frise l’irresponsabilité. Qui dirigerait le pays pendant la campagne ? Que se passerait-il en cas de crise grave et chacun a en tête que cela peut arriver n’importe quand ? Quelle image la France donnerait-elle au monde avec les deux têtes de l’exécutif qui afficheraient en direct leurs divergences ? Le général de Gaulle et François Mitterrand doivent se retourner dans leurs tombes…

Iznogoud et Dirat Laraht devraient se souvenir qu’à la fin, c’est toujours le calife en place qui gagne.

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