Fillon, Juppé, Valls, Macron : Parlez-moi de moi, y a que ça qui m’intéresse Réponse

Par Aristote

Ils ne pensent qu’à eux. Ils ne parlent que d’eux. Derrière la bataille de chiffonniers, de chiffres, des centaines de milliers de fonctionnaires qu’on se jette au visage : moi j’en passe 500.000 à la casserole, Môsieur… Et moi, seulement 200.000 Môsieur… Les milliards de déficit qu’on promet de réduire…ah ça va faire mal mais c’est nécessaire, tel des Diafoirus de bazar, au fond, ils ne parlent que d’eux en se cachant derrière le mot magique : La France, Monsieur, la France vous dis-je… La France… Un pays composés de… Français.  Je sais, Ca a l’air idiot de le dire mais il semble souhaitable de le répéter. Jamais ces gens ne parlent des gens.  De vous, de moi, de nous. De nos vies, concrètes. Ou alors si, pour en parler de ces vies, ils n’en parlent que dans le lugubre, la douleur, la peine, la germinalitude, pour mieux appuyer leur démonstration, l’inévitable  saignée qu’il faudra pratiquer sur cette grande malade qui souffre, se traîne, gémit, râle et claudique.

Ainsi donc, la France serait très très très malade et il serait très très très urgent d’appliquer un remède de cheval. De ces remèdes qui, s’ils ne vous tuent pas, vous rendent plus fort. La France a besoin d’eux. De leur génie, de leur vision, de leur grandeur, de leur détermination, de leur courage, de leur calme, de leur autorité, de leur puissance, de leur bienveillance.
À droite, la scène est cocasse, les deux acteurs étant à peu près aussi drôle qu’un poteau électrique.

Ah ça, c’est sûr, on ne va pas rigoler ce soir, devant notre télé. Deux austères qui se marrent peu, parfaits dans leur rôle de père fouettard de la Nation. Mais derrière les programmes, quasiment gémellaires, sauf sur les questions de sociétés, ils vont encore nous parler d’eux.

« Moi je pense que » . « Moi je ne ferai pas ça« . « Moi je ferai ça. Moi ceci moi cela. Moi président… » Déjà vu, entendu. Toujours la même rengaine. Eux plutôt que nous. Toujours. On imagine l’aréopage,  prodiguant les derniers conseils, avant d’entrer sur le ring médiatique, études et sondages à l’appui « Les Français veulent te voir plus agressif, moins souple, plus ceci, moins cela« .

Derrière leur camelote libérale, ils vont nous vendre leur gouvernance.  Leur force, leur tempérament. Les deux ont échoué à leur tâche. Juppé a été dissous par Chirac. Fillon a été réduit en bouillie par Sarkozy. Les deux ont été de merveilleux et dociles souffre-douleurs. Des seconds qui se rêvent en premier. Le duel des seconds, des lieutenants qui rêvent de la dernière marche. Sans génie, sans talent particulier, sans vision particulière.

Gris comme un ciel de Londres, ennuyeux comme un jour sans pain ou un opéra dodécaphonique… Ils ne nous parleront que d’eux, de leur capacité à faire le job et nous ferons semblant de les croire, nous, déjà cocus et consentants car  nous savons tous très bien qu’aucun de ces programmes n’est réalisables. Mais il nous plaît de penser que nous pouvons les croire au moins le temps d’une campagne.

Ils nous vendront leur moi, leur surmoi, leur psyché,  leur autorité, leur sens de l’état, ce fameux « homme d’État  » qui se différencie de l’apparatchik par les kilomètres de ronds de jambes et de contorsions qu’il à parcouru dans une vie politique pour parvenir la ou les autres n’iront jamais, pour ne pas avoir su  se tordre au bon moment et devant la bonne personne.

À gauche pas mieux. Observons cet être étrange nommé Manuel Valls, ci-après Premier ministre de la France… La France, monsieur etc etc….

Lui aussi ne parle que de lui. Peut-être plus fort que les autres. Depuis 15 jours, Il trace même, chaque jour que dieu fait, devant chaque micro qui se tend, le portrait du Président idéal : rigoureux, visionnaire, droit, fort, loyal… Un truc qui semble s’apparenter à lui. D’une loyauté telle qu’il ne cesse, jour après jour, de savonner la planche de son Président, vous savez, le type qui l’a nommé à Matignon… Ne cache pas sa « honte  » dit-il dans les avions après la sortie d’un livre dont le dit Président aurait mieux fait de s’abstenir, orchestrant habilement avec ses amis, une charmante campagne de bashing, tout en chantant le refrain de la loyauté… Manuel Valls ne parle que de lui, très haut,  très fort. Un petit air de Sarkozy, le talent de tribun en moins.

Regardons du côté de Macron… Tiens, y aurait-il un petit espoir ? Même pas. Lui aussi ne parle que de lui et semble saisi  d’une crise mystique… Sauver la France. Ce sauvetage passe, pour le moment,  par la Une  de Paris Match avec Madame, un livre totalement inintéressant mais passage obligé  pour tout bon candidat à la présidentielle et un documentaire inside ressemblant étrangement à un publi-reportage pour des vacances en baie de Somme. Pour un type qui vient révolutionner la politique, on repassera…

Enfin il y a celui qui se tait. L’homme de l’Élysée. Qui ne dit mot, laisse parler les oracles. Un silence assourdissant… L’énigme Hollande qui finira bien par sortir du bois pour nous parler peut être enfin un peu de nous. Sur lui, il semble avoir tout dit au fil des 650 pages de ces confessions qu’il rêvait saint simoniennes mais se sont abîmés dans la grande mer démontée de l’infotainment éclair et continue

Allez François, fais ton devoir. Sors de ton donjon et viens nous parler de nous. De nos joies, de nos espoirs de nos rêves, tous ces rêves, ces espoirs et ces peines qui font une Nation. Parle nous de nous, y a que ça qui nous intéresse.

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