Sarkozy, défenseur héroïque du peuple Réponse

Par Cyrano

 

Il a recueilli en 2007 la confiance de près de 19 millions de Français, il a été président de la République pendant 5 ans de la 5ème puissance mondiale, il a représenté la France, ce pays si particulier, aux yeux du monde, il a été l’arbitre des institutions, il a incarné, par sa fonction, la République française. Et le voici aujourd’hui réduit, pour sauver sa peau électorale, à des petites phrases lourdes de sens comme celle sur les Gaulois et les portions de frites pouvant remplacer le jambon à la cantine. On en aurait de la peine pour lui si on n’apercevait le cynisme poussé à son extrême derrière ces déclarations pas à la hauteur.

Habitant heureux d’un hôtel particulier dans le 16ème arrondissement de Paris, ex n°1 du fameux « Establishment », il pourfend les élites et la « pensée unique » à longueur de discours, peu importe que la notion soit nébuleuse pour une majorité de Français. Son cœur de cible électoral devine à peu près ce dont il s’agit et les « bien-pensant », ces « bobos qui vont au marché avec leur panier en osier » se reconnaitront. L’idéal est même qu’ils crient au populisme comme des taureaux foncent sur la muleta. Ça fait le spectacle. Et ça remet une pièce dans la machine : notre Sarkozy national crie à son tour au mépris du peuple dont il est bien sûr l’héroïque défenseur. Il faudra lui passer sur le corps plutôt qu’on « vole la primaire » au dit peuple qu’il a pris sous son aile.

Respecter le peuple que le « petit milieu parisien prend pour des ploucs » c’est « oser dire ce qu’il pense » et même encore plus audacieux, le lui demander. Ça sert à ça les referendums. Peu importe là encore que Nicolas Sarkozy ait fait part de son scepticisme à cet égard il y a quelques années et qu’il ne l’ait pas utilisé lorsqu’il était président. Il n’y a que les imbéciles qui ne changent pas d’avis et ceux qui changent souvent sont les plus aptes à redevenir président. Quand on a été président, on a une expérience du changement d’avis que les autres n’ont pas, ça fait toute la différence entre lui et les minus de la primaire qui osent, ces ingrats, le concurrencer alors qu’ils ne seraient rien sans lui.

Protéger le peuple, c’est sauver l’identité de la France menacée par on ne sait pas bien qui, enfin on devine. Une vieille idée chez lui – reconnaissons lui la constance sur ce point – qu’il ressort à l’occasion de chaque campagne présidentielle. Dès 2007, il avait eu l’intuition, ou plus exactement Patrick Buisson avait eu l’intuition pour lui, de créer un ministère de l’Identité nationale. A l’époque œcuménique sur l’étiquette politique des défenseurs du peuple, il avait confié ce ministère au tout frais ex-socialiste socialiste Eric Besson après l’avoir donné en 2007 au « facho » Hortefeux ami de Rachida Dati. En 2012, rebelote, la frénésie référendaire en plus.

L’élection de Trump donne de l’eau à son moulin à paroles. Le peuple vote pour celui qui le défend le mieux. Les outsiders d’aujourd’hui sont les gagnants de demain. Pour Sarkozy, l’avenir électoral est là, et certainement pas dans le réformisme « mou » d’un Juppé.

Tout ça pour faire barrage à Marine Le Pen. Et tant pis s’il contribue à diffuser par la même occasion ses idées nauséabondes chez des Français en proie à la peur de l’avenir.

Le pire c’est que ce sera peut-être bien payant à la fin du mois de novembre.

 

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