Un Donald, Ça Trump énormément 1

Par Aristote

 

Passionnant, le spectacle que nous offre les États-Unis et nos plateaux quotidiens d’éditorialistes, répétant en boucle, ce que l’autre répète en boucle.

En clair, nous avons tort de nous inquiéter. Regardez, Donald Trump n’est pas si méchant que ça. Il parle même avec Obama, Clinton, annonce qu’il se contentera « peut être » d’amender l’ObamaCare.
Observez son visage, souriant et apaisant, après avoir mis l’Amérique à feu et à sang sur tous les sujets ou presque : les femmes, les gays, les immigrés, les musulmans, les noirs, les chiites, l’islam radical, les attentats  et on en oublie certainement.
Regardez ce nouveau visage qu’il nous vend et que nous achetons, sans l’ombre d’une distance, sans l’ombre d’une critique. Nous gobons tout, un éminent journaliste économique allant même jusqu’à comparer sa démarche avec celle de Roosevelt. C’était jeudi soir sur le plateau de France 2.
Nous gobons, car nous avons envie de croire que non, ca n’est pas si.  Que non, il ne fera pas çe qu’il a dit, promis, juré,  dans sa campagne mortifère.
Nous gobons parce que nous ne pouvons pas accepter que la plus grande démocratie du monde, la plus grande puissance économique et militaire du monde soit tombée aux mains d’un effroyable personnage, cynique, menteur, raciste, misogyne, qui n’a rien caché  de çe qu’il croit au tréfonds de lui-même.
Qui peut dire qu’il ne s’agissait que de propos de campagne ? Et comment peut-on absoudre si facilement ce personnage grotesque ?

Parce que nous avons peur et que nous préférons nous anesthésier avec ses propos supposément rassurants  plutôt que de regarder la réalité en face.
Oui Donald Trump est un raciste, un vrai, de çe racisme du quotidien, instinctif, qui nous dit qu’un homme blanc vaut mieux qu’un noir ou qu’un arabe. Ça n’est pas un racisme théorisé. C’est un racisme ordinaire, instinctif, frappe au coin du « bon sens soi-disant populaire » .
Oui Donald Trump est un misogyne, de çette misogynie ordinaire qui veut qu’un homme blanc vaut mieux qu’une femme, reléguée au rang d’objet de luxe ou de sexe, c’est selon.
Oui Donald Trump est un homophobe, réellement, profondément et pense qu’un homme blanc vaut mieux qu’un couple gay.
Oui Donald Trump est un climato-sceptique. Un vrai. Qui croit dur comme fer que le réchauffement climatique est un « canular  » et qu’il faut fracturer le sol pour faire jaillir les gaz de schiste, et exploiter de nouvelles mines charbon.

Mais nous semblons frappés soudainement d’amnésie, nous intéressant plus à l’analyse de son élection qu’à son idéologie.
À écouter rabâcher le fameux et incantatoire « la haine des élites », on en oublierait presque çe qui constitue le corps doctrinal de Donald Trump, ses croyances et ses convictions. On nous objectera évidemment le sempiternel argument sur la réalité du pouvoir, qui « contraindrait » le personnage.
Une jolie fable à laquelle nous avons envie de croire mais l’examen du rapport de force politique devrait pourtant nous mettre en garde contre cette douce illusion.
D’abord, l’équipe de Donald Trump. Ce Donald qui mettrait supposément de l’eau dans son vin, prépare la composition de sa future administration entouré de merveilleux démocrates que sont Mike Pence, gouverneur de l’Indiana, créationniste, homophobe assumé.
Steve Bannon, patron d’ un site d’extrême droite, suprémaciste blanc assumé
Newt Gringrich, spécialiste des affaires étrangères et qui qualifie les palestiniens de « peuple inventé ».

Ensuite le rapport de force politique. Donald Trump est majoritaire au congrès. Bien sûr, il est toujours considéré comme « illégitime  » par certains républicains, mais peut-on imaginer des élus ne pas faire mouvement général derrière leur président, même si ce président les « révulse » intimement ? En clair, Trump peut défaire tout ce qu’Obama a fait.

Objectivement, il serait donc judicieux de garder les yeux ouverts et de ne pas se laisser anesthésier par ces paroles douces, trompeuses.
A l’évidence, nous faisons tous semblants de ne pas comprendre que Trump calme le jeu car, pour la première fois, le pays est réellement coupé en deux, clivé sur des positions qui n’ont jamais été autant antagonistes.
Bien sûr l’opposition démocrates-républicains a toujours existé mais cette fois, c’est différent car la campagne a été d’une telle violence verbale, a attisé tant et tant de colère que la réconciliation ne peut pas se faire en claquant des doigts, dans un pays où les citoyens ont le droit de posséder et d’utiliser des armes à feu.
Il y a donc une volonté, dans les mots, d’apaiser le pays. Donald Trump se gargarise ainsi de ses multiples contacts avec les Clinton  et trouve Obama sympathique. Certes.
Mais ces mots doux sont factices. Car dans les étages de sa Trump Tower, il prépare le jour d’après de sa prestation de serment. Et ce jour d’après risque d’être aussi violent que sa campagne d’avant.

 

Un commentaire

  1. Le retour de Ze Redac ! ça nous fera du bien de lire (et surtout d’entendre) une autre voix(e)
    :-)

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