Alors François Hollande combien de divisions face à Angela Merkel ? 10

Par RichardTrois

Angela Merkel en discussion avec Jose Manuel Barroso, président de la commission

Angela Merkel en discussion avec Jose Manuel Barroso, Président de la commission

Aussitôt investi Président de la République, François Hollande s’envolera pour l’Allemagne, pour rencontrer celle qui avait refusé de lui ouvrir sa porte durant la campagne présidentielle. Objectif, créer un le lien humain indispensable pour le travail commun à réaliser, considérable. Mais aussi et surtout entamer les négociations sur les dossiers brulants que sont l’adaptation du Pacte de Stabilité (PES), la situation intenable de la Grèce et les difficultés de l’Espagne mais aussi d’une grande partie de l’Europe confrontée à une croissance atone, destructrice d’emploi et source de déficits.

François Hollande, Président de la République, fraichement investi est-il dans une bonne position de négociation face à la Chancelière allemande ? Face à Angela Merkel qui s’est imposée comme chef de file des droites européennes ? On entend au fond de la classe, les cancres de l’UMP ricaner. Ceux-là mêmes qui n’ont pas su faire valoir l’intérêt des peuples face à la finance et ses intérêts coalisés aimeraient voir un Président Hollande en position de faiblesse.

Et il est vrai que François Hollande est à la tête d’un état mal en point financièrement pour ne pas dire en faillite selon le mot de François Fillon en 2007. Un Etat financièrement étranglé par une dette colossale limitant les marges de manœuvre, un pays qui laisse filer son cash à l’étranger avec un niveau record du déficit du commerce extérieur de 70 milliards d’euros l’an passé, imputable à une compétitivité affaiblie. François Hollande ne peut compter sur la force économique qui est du côté d’Angela Merkel.

Pourtant le Französisch n’a pas que le pouvoir des mots, il a bel et bien plus d’un atout dans les négociations qui débutent aujourd’hui et se poursuivront pendant tout le quinquennat.

Tout d’abord « le changement c’est maintenant ». Le slogan qui amusait, que l’on raillait a pris de l’ampleur avec la victoire et va pouvoir servir à l’exercer ce pouvoir. Et la dynamique du changement, celle que donne le mandat du peuple français est bel et bien un atout que n’avait pas Nicolas Sarkozy affaibli dans l’opinion et donc dans le cadre des négociations internationales. Une dynamique électorale que la victoire du SPD, le parti social-démocrate allemand en Rhénanie-Westphalie, renforce forcément, tant la concomitance des 2 élections, l’une nationale, l’autre régionale souligne la même volonté populaire de changement des politiques économiques.

Mais François Hollande arrive auréolé d’une autre victoire sémantique sémantique celle-là. Quand à l’automne toute l’Europe dirigée par Merkozy n’avait que les mots rigueur, austérité à la bouche, François Hollande se démarquait déjà en faisant sien l’objectif de croissance sans lequel aucun désendettement ne peut intervenir. Une croissance indispensable si l’on ne veut pas voir le continent s’enfoncer dans une désespérance propice à tous les débordements et tous les dangers comme en témoignent les attentats en Italie et la progression des extrême-droites en France comme en Grèce.
Dans cette bataille des idées, François Hollande a imposé le mot croissance au grand dam d’Angela Merkel. Désormais le mot est repris partout et certes les droites européennes y mettent des contenus très différents de ce que la gauche souhaite apporter à l’Union mais c’est déjà une première victoire. Modeste mais qui ouvre une brèche.
François Hollande va aussi pouvoir s’appuyer sur sa préparation diplomatique d’avant-mandat, laquelle va lui a permettre d’obtenir l’appui de nations européennes pas forcément dirigées par la gauche mais qui n’en peuvent plus de la rigueur à la mode allemande. On perçoit ce travail à la manière dont les velléités, les menaces de sortir la Grèce de l’Euro ont été refroidies. Cela donne une bonne indication du rapport de force changeant en faveur d’une réorientation de la politique économique européenne.
Bref le président Hollande ne sera pas seul face à Merkel. Et dans le bras de fer qui s’engage, la force va à la force. Un adage que François Hollande maîtrise mieux que quiconque…

Enfin et ce n’est pas le moindre de ses atouts, il y a le mur de la réalité. Ce mur que la droite et les conservateurs européens promettent à François Hollande est en définitive celui sur lequel leur politique d’austérité, de baisse des salaires et des dépenses s’est écrasée. Les droites européennes et Angela Merkel ne peuvent continuer à accélérer, en klaxonnant, sur une voie sans issue.

François Hollande veillera bien sûr à ne pas humilier Angela Merkel. Tout ne se fera pas tout de suite. Mais à Berlin, François Hollande ne sera pas seulement le représentant des citoyens français. Il portera la parole de millions d’européens las, en colère contre une politique économique qui favorise les plus riches, les propriétaires des banques et d’un système financier qui a tout pouvoir. Toute l’Europe le regarde.


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Photo : Conseil Européen – European Council – Licence Creative Commons

10 Commentaires

  1. Ce qui m’etonne et me ravis depuis que je soutiens François Hollande , des l’annonce de sa candidature c’est cette autorité qui perce derriere la personne . Q
    uand quelqu’un met cette autorité naturelle en synergie avec un projet et que ce projet est le bien de tous alors , maintenant , tout est possible ! nous n’avons pas finis d’être etonnés .

  2. « Désormais le mot [croissance] est repris partout et certes les droites européennes y mettent des contenus très différents de ce que la gauche souhaite apporter à l’Union  »
    Comme j’aimerais y croire!
    Hélas avec Moscovici et Cahuzac aux finances, c’est le grand patronat qui rentre par la fenêtre après avoir été chassé par la porte. Et avec Valls à la police, c’est Sarkozy qui revient place Beauvau.
    Alors il faut s’attendre au pire au nom de la croissance, quand j’entends le mot compétitivité c’est « baisse des salaires et précarisation  » que je pressents. Et avec Sapin au travail, en guise de social, ce sera « plans sociaux » au nom de la rigueur (pleine de sens, bien sur!).
    Oh! étonne-moi François, montre que je me trompe et fais une politique de gauche, ça nous changera.

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