Ségolène Royal, pièce maîtresse sur l’échiquier Hollande 8

Par Dante

Ségolène Royal lors de la dernière université du PS -  © Razak

Ségolène Royal lors de la dernière université du PS - © Razak

Comme toujours, elle est la première à avoir vu la brèche dans le mur. À peine sortie de la réunion de campagne dimanche 22 avril, où tous les ténors se sont mis d’accord sur les éléments de langage à tenir pour la soirée électorale, Ségolène Royal a annoncé la couleur, et donné le La : s’adresser aux électeurs du Front National et ramener une partie de ce vote de colère vers la gauche de gouvernement.

Une ligne politique déclinée de manière percutante sur tous les plateaux télés dimanche soir et reprise par tous les acteurs principaux socialistes.

Comme toujours, Royal a fait mouche, en refusant de stigmatiser les lecteurs du FN, en refusant d’en faire une armée de xénophobes, de racistes, d’antisémites.

En les traitant comme ils doivent être traités : en citoyen à part entière qui ont exprimé un vote.
Vote d’angoisse, a-t-elle répété sur France Inter mercredi matin, de ras le bol contre les insécurités : policières, sociales, environnementales, culturelles. Vote de désespoir de ceux qui se sentent oubliés, abandonnés, relégués hors de la République. Qualifiant de véritable  » poison  » les idées du FN, Ségolène Royal a décidé de parler à ces citoyens.

Rien de nouveau lorsqu’on se remémore la campagne des primaires de la présidente de Poitou-Charentes qui des le mois de janvier 2011, lors d’un discours à Bully-les-Mines, dans le Pas-de-Calais, s’était présenté en candidate du peuple, évoquent les souffrances et les abandons qui mènent au vote extrême.

Car Royal en est convaincue : il faut entendre ce que cet électorat dit, comment il vit, accroché au RSA, déclassé, déraciné aussi pour ce qui est de ces ouvriers qui quittent les villes pour s’installer dans les campagnes car ils n’ont plus d’argent… Angoisses pour demain donc furieux contre l’autre, le nanti, l’étranger, celui qui peut prendre ce que bon nombre de Français n’ont déjà plus. Le FN a fusionné ces colères. Ségolène Royal veut les dénouer avec un discours simple et concret sur le pouvoir d’achat, le prix de l’essence, l’éducation des enfants et la création d’emploi.

Un discours d’espérance pour percer l’obscurité de la désespérance. Car la candidate de 2007 possède ce talent, ce lien encore si fort avec les petites gens ,  » les sans grade  » comme les nomme Jean-Marie et Marine Le Pen.

Personne au Parti Socialiste, et même à gauche, n’a cette capacité à toucher le cœur de ces citoyens qui se sentent bafoués et trahis par la classe politique dans son entier. Même Jean-Luc Mélenchon l’a appris à ses dépends, cet électorat ne se donne pas facilement, n’ecoute pas facilement, lassé qu’il est par ces discours sans lendemains, ces promesses jamais tenues, ces rodomontades totalement artificielles.

Seule Royal peut être entendue et se faire entendre. Et ça n’est pas pour rien qu’en 2007, le FN n’avait fait que 10%. Capté bien sûr en partie par Nicolas Sarkozy mais aussi un électorat canalisé par Ségolène Royal et ce qu’elle portait : l’ordre juste.

Alors, dans cet entre-deux tours relativement délicat, Royal se révèle être la pièce centrale de la partie. Multipliant ses messages à cet électorat qui peut encore l’entendre, avec une force tranquille qui déconcerte même ses plus grands adversaires au parti socialiste.

En cette fin de campagne, elle termine, flamboyante et totalement réhabilitée comme le disait sur iTélé, le journaliste Joseph-Macé Scaron, et dans son attitude en tout point remarquable et dans la ligne qu’elle avait choisie pour sa primaire perdue mais qui se révèle parfaitement juste dans cette dernière ligne droite.

Elle se positionne au centre du débat et s’il est de tradition que le Premier Ministre émerge toujours au cours d une campagne, alors Ségolène Royal pourrait quasiment prétendre à  cette fonction tant son rôle est essentiel et moteur dans ces deux dernières semaines.

Malheureusement, elle ne sera jamais Premier Ministre. En tout cas pas de François Hollande, leur passé commun l’interdisant  formellement.


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