L’ombre portée de Ségolène Royal sur la campagne 20

Par Lautréamont

Ségolène & François à Rennes - photo #FH2012

Ségolène & François à Rennes - photo #FH2012

Elle peut boire du petit lait, comme l’écrivait récemment Françoise Fressoz dans Le Monde. La campagne de 2012 aura totalement réhabilitée la campagne de 2007 de Ségolène Royal. Qu’il s’agisse de ses idées ou de sa posture charismatique, à la limite de l’attitude christique, Royal peut se vanter d’avoir inspiré tous les protagonistes de cette aventure 2012.

À commencer par l’un de ses plus farouches adversaires au sein du parti socialiste, dans  son ancienne vie : Jean-Luc Mélenchon.

Le leader du Front de Gauche a mis ses pas et ses mots dans ceux de Royal : qu’il s’agisse des grands rassemblements populaires dont il affirme être le précurseur en oubliant un peu vite qu’en 2007, Ségolène Royal organisait bon nombres de réunions publiques sur les places des villes avant les mega-meetings du soir et que Charlety restera la première immense messe politique en plein air… 40.000 participants dans le stade, 20.000 à l’extérieur. Cette ferveur dont on observe qu’elle a manqué dans la campagne des favoris des sondages, cette ferveur royale s’est retrouvée dans les meetings de Mélenchon. Qui lui a aussi emprunté un vocabulaire qu’il était pourtant le premier à critiquer : l’amour, la fraternité, la France Métissée. Lorsqu’il ouvre son meeting de Marseille en disant  » vous êtes beaux, je vous aime  » qu’y-a-t-il de différent avec le  » aimez-vous les uns les autres » de Charlety quand il conclut sa porte de Versailles jeudi par un hymne à la fraternité, qu’y-a-t-il de different d’avec la première fête de la fraternité au Zénith en 2008 qui fit couler tellement d’encre ?

Quand il lance : le métissage c’est notre chance, qu’elle différence avec la France métissée de 2007 ? La différence et elle est de taille, c’est que Melenchon n’a subi que des louanges sur ses mots et ses postures, là où royal, en 2007 n’avait essuyé que moqueries et attaques en règle de son propre camp.

L’ombre portée de Ségolène Royal plane également sur la campagne de Nicolas Sarkozy. Quelle différence entre  » je l’adresse à toi peuple de France  » de Villepinte 2012 sarkozien et  » toi peuple de France  » de Royal à Charlety en 2007 ?

Lorsqu’il demande aux français  » aidez moi, aidez moi à construire cette France ?  » à Marseille en 2012, quelle différence avec le « aidez-moi et construisons ensemble cette nouvelle France » de Royal en 2007 dans sa lettre aux militants. Et quand il change de slogan  transformant une France forte en une France force et juste, qu’elle différence avec le slogan de royal « plus forte, la France sera plus juste« .

Ségolène Royal aura et peut être surtout inspiré le camp socialiste. Car François Hollande a repris tous les sillons tracés depuis 5 ans par la candidate de 2007. À commencer par le redressement de la France, concept évoque par Royal lors de son grand discours de la fête de la fraternité à arceuil en septembre 2010. Ne revenons pas sur l’espérance qui se leve ou même « vous n’êtes pas un problême, vous êtes la solution » dans l’adresse aux jeunes des banlieues. Sans oublier le desormais célèbre « la voix d’une caissiere compte autant que celle d’un patron du cac 40 » , lance à Rennes par Royal, reprise en banlieue par Hollande.

Les emprunts idéologiques sont tout aussi flagrants, qu’il s’agisse de la banque publique d’investissement, de la vision sécuritaire, du blocage des prix des carburants et d’une certaine radicalité qui s’est installée dans le discours du candidat au fil des semaines.

On terminera par Eva Joly et Arnaud Montebourg, emboitant en fin de campagne, l’argument de Ségolène royal sur l’immunité présidentielle. Le 20  mars, elle affirme sur France 5 que Nicolas Sarkozy veut être réélu pour échapper aux mailles du filet judiciaire . Argument repris par Eva Joly puis Arnaud Montebourg dans cette dernière ligne droite.

Oui, l’ombre portée de Ségolène Royal aura plané de bout en bout sur cette campagne présidentielle. On peut s’en féliciter car la force d’un homme ou d’une femme d’Etat réside avant tout dans sa capacité à imprimer sa marque.


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Photo : #FH2012 – Licence Creative Commons

20 Commentaires

  1. La différence se trouve dans la crédibilité. Les paroles sont faciles à prononcer par les fumistes, la preuve en est!
    Royal apporte avec elle cette crédibilité d’action qui manque à tous, et que dire du « sortant » qui ose tout y compris de renier le soir ce qu’il a repris le matin?
    Quant à Mélenchon et avec tout mes regrets parce que le discours est bon, en grande partie ségoléniste, et que plusieurs parmi les meilleurs de mes camarades partirent avec lui en 2008, moi, je ne lui fais pas confiance. Les coups de génie à échéance politicarde comme les calculs politiciens ne sont pas ma conception d’avancer ensemble, femmes et hommes, et en 2008 c’est ce qu’il fit après avoir participé en 2007 avec les autres éléphants à l’avènement de la sarkozie.
    Quelque soit le résultat de ce vote auquel je vais tout de même participer, pour moi la garantie de faire tenir ou de rappeler les promesses de celui qui en sortira le ticket gagnant, c’est la présence de Madame Royal à l’intérieur ou à la extérieur du carré politique, tout comme elle l’a fait, seule, durant ces longues et terribles cinq dernières années.

  2. Parfaitement d’accord avec Ketty Mendez !Il ne suffit pas de répéter les phrases de Royal pour faire du Royal. Il faut aussi sa foi, sa ferveur, sa force de conviction pour canger les choses.

    • On ne peut plus d’accord avec Ketty Méndez et André Ponchel, et aussi sur la teneur de cet article qui rend enfin justice à la victoire différée des idées de Ségolène ROYAL par campagnes et personnes interposées!
      Je trouve juste le titre un poil maladroit ; ou bien alors il s’agit d’une ombre à la fois lumineuse et féconde!

  3. « Les mots ne construisent pas les murs » ?
    Les programmes oui,celui de JLM est le meilleur, car le seul à proposer un véritable changement politique.
    La différence avec le PS est là et il est de poids.
    Le PS propose un président par défaut d’un sarko qu’on exècre.
    Le FDG ne s’associera pas à une politique perdue d’avance, mais participera à l’élimination du président.
    Puis, vite l’avenir nous donnera vite raison.

  4. @Nostradamus… Malheureusement, si je vous comprends bien, Mélenchon, l’opportuniste qui profite aujourd’hui de la « mise à mort » politique de Ségolène Royal par la jospinie, avec vous et vos camarades placeront Sarko en tête le 22 avril et c’est regrettable car pire aveugle est celui qui ne veut pas voir !

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  8. L’ananlyse est intéressante et nous montre aussi que nous avons bien perdu 5 ans de vie intelligente.

    • quelle imbécillité d’avoir permis l’accession au pouvoir de Sarkozy en ne soutenant pas Ségolène en 2007! Les responsables doivent battre leur coulpe.Le feront-il?

  9. Vous m’avez mal lu,nous éliminerons Sarkozy, nous ne nous associerons pas à une politique perdu d’avance .
    Puis,l’avenir nous donnera raison, nous propulsera au pouvoir ,comme seul recours au FN.

  10. Ma détestation envers les féministes et les socialistes n’est pas encore apaisée depuis 2007. Ségolène a beaucoup manqué à la campagne. Elle doit être particulièrement meurtrie des bassesses du PS à son endroit comme d’effacer des mémoires, des communiqués de presse, des films et des discours tout l’apport de l’action de Ségolène Royal depuis 2006, et il est considérable, majeur même.
    J’ai dans le nez 3 cibles:
    – certains journalistes malfaisants (Elkabach, Cohen, etc…)
    – les socialistes pour leur grande majorité
    – les féministes (autoproclamées)
    – certains sympathisants de gauche
    1) JOURNALISTES
    Inutile de revenir dessus, mais une clique rassemblant les Cohen, Barbier, Darmon, Elkabach, etc.. n’a eu de cesse de flinguer Ségolène ROyal de 2006 à 2012
    2) LES SOCIALISTES
    Au fil du temps, le « cercle rapproché » de Ségolène Royal s’est délité: Najat Belkacem, Aurélie Fillipetti, Vincent Peillon, Manuel valls etc.. à supposer qu’ils aient un jour été sincères vis à vis de la candidate de 2007.
    98% du PS a torpillé Ségolène Royal à partir du moment où elle a posé sa candidature en 2006. Depuis, ils n’ont eu de cesse de lui pourrir la vie et toute volonté de revenir au premier plan. Cas unique dans l’histoire d’un parti, 11 de ses « camarades » ont même commis 11 ouvrages à charge après les résultats du 2ème tour !!!! Jamais dans aucune parti du monde, un tel cas de figure s’était produit. HONTEUX !!!
    Ne parlons même pas du manque de respect du vote des militants de gacheaux primaires de l’époque.
    3) LES FEMINISTES
    Lors de la campagne de Lionel Jospin, celui-ci avait reçu 58% des votres de la part des femmes. Ségolène Royal n’a reçu que 38% de votes de femmes !!! En tant que femme j’ai eu honte pour celles qui s’étaient abstenu de voter pour Ségolène Royal. Le pire est venu des ignobles Gisèle Halimi et Sophie Agasinsky 2 figures du féminisme. Entre les connasses anonymes et les plus médiatiques, (Halimi, Badinter, Agasinsky etc…) toutes n’ont pas fait fonctionner la solidarité fémnine qui aurait conduit pour la première fois une femme à la tête de la France. Tant pis pour elles.
    4) SYMPATHISANTS DE GAUCHE
    Ségolène avait une vision pour notre pays, une carrure. Les militants de gauche l’ont trahi, abandonnées lors des primaires.

    Au final, je vais voter Eva Joly (qui a aussi pris tant de coups) au premier tour et François Hollande au second, à reculons et par devoir, mais sans enthousiasme.

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