Les vannes du ralliement à Hollande sont ouvertes 11

Par Renaudot

François Hollande dans les rues de Albi, 16 avril 2012. Photo cc Benjamin Géminel.

F. Hollande dans les rues de Albi, 16 avril 2012. Photo cc Benjamin Géminel.

A cinq jours du premier tour de la Présidentielle, alors que les sondages donnent toujours François Hollande large vainqueur de la Présidentielle, ceci expliquant peut-être cela, une rafale d’appels à voter pour lui et de confidences sur un vote en sa faveur, viennent décorner encore un peu plus la campagne de Nicolas Sarkozy.

Déjà, il y a avait eu, événement rare, ces prises de position syndicales appelant plus ou moins explicitement les électeurs à balayer le président sortant.

Il y a aussi depuis quelques jours Laurence Parisot, patronne du MEDEF, qui nous fait beaucoup de peine. La pauvre, en effet, rame durement par vent contraire pour tenter d’atténuer ses propos, qu’elle doit juger aujourd’hui un peu prématuré, sur Nicolas Sarkozy qui a accompli, rien que ça, « un boulot extraordinaire ». Au cours d’une conférence de presse, elle a réitéré ce matin sa demande de rendez-vous avec le candidat socialiste – qui ne semble pas pressé de la recevoir – et a affirmé qu’elle se sentait « plus proche de François Hollande sur certains points ». On n’a pas de doute sur le côté où penche le cœur de Mme Parisot, on lui conseillera simplement d’être, la prochaine fois, dans l’intérêt de l’organisation qu’elle représente, plus attentive au sens du vent de l’histoire.

Hier, c’étaient trois responsables du MODEM, dont un membre du Conseil national, qui, dans une tribune à Libération, appelaient François Bayrou à dire d’ores et déjà qu’il voterait François Hollande au second tour. Jean-Luc Benhamias, député européen et vice-président du MODEM, n’a pas attendu pour déclarer son choix du 6 mai en faveur du candidat socialiste.

Corinne Lepage, Présidente de CAP 21, ancienne Ministre de l’environnement de Jacques Chirac, empêchée de se présenter à la Présidentielle faute d’avoir obtenu les 500 parrainages, a, ce matin, appelé à voter dès le premier tour pour François Hollande afin d’empêcher la réélection de Nicolas Sarkozy.

Quant au clan Chirac, hormis Bernadette qui fait le job pour le président sortant tout en prenant soin d’épargner son collègue président du Conseil général de la Corrèze, il semble avoir pris parti pour François Hollande.

Hugues Ranson, très proche collaborateur de l’ancien président, a expliqué que le socialiste incarne le mieux les « valeurs de tolérance et de respect » auxquelles il est attaché. Comprenez : ces valeurs ne sont pas portées par le candidat de la droite.

Des indiscrétions relayées par la presse indiquent que Claude Chirac et son mari l’ancien secrétaire général de l’Elysée, penchent en faveur de François Hollande. Ils se sont bien gardés de démentir.

L’ex-judoka Thierry Rey, ex-gendre de Jacques Chirac, a œuvré à visage découvert pour rallié une partie du monde sportif de haut niveau à la cause du champion socialiste. Une liste de 100 noms sera très prochainement diffusée.

Quant à Jacques Chirac lui-même, chacun se souvient de sa déclaration de l’année dernière sur sa préférence présidentielle. Son entourage avait alors parlé « d’humour corrézien » mais son absence de soutien à son successeur atteste qu’il ne plaisantait pas, ce que vient de confirmer son biographe attitré.

Toutes ces prises de position qu’on pourrait pour certaines qualifier de « contre-nature » montrent deux choses.

La force va à la force et lorsque le vent de la victoire souffle, il crée un appel d’air se transformant en appels au vote qu’il n’appartient pas au candidat bénéficiaire de sélectionner, l’essentiel étant qu’il ne varie pas de sa trajectoire.

La puissance de l’anti-sarkozysme, la répulsion que provoque le président sortant, sont si violents qu’ils parviennent à balayer sur leur passage des habitudes et des clivages profondément inscrits dans l’histoire politique française et dans des parcours personnels.

Nicolas Sarkozy doit subir cette vague avant le premier tour. Les vannes sont ouvertes. Qu’il se prépare à affronter une véritable marée après le 22 avril.

 

Edit 17h30 : Azouz Begag, l’ancien ministre de Jacques Chirac, enseignant, chercheur & écrivain, proche de Dominique de Villepin, s’est aussi prononcé sur Twitter en faveur de François Hollande :

 

 


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Photo :   Benjamin Géminel. Déambulation dans les rues de Albi. Lundi 16 avril 2012.

11 Commentaires

  1. Oui « la répulsion que provoque le président sortant » est présente dans ces ralliements de droite à François Hollande….oui la vague, il va l’avoir en pleine figure !!!

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  8. J’espère que Sarko va s’en prendre plein la gueule … et qu’après on le foutra en taule! Mais faut pas rêver, bien qu’il le mérite plutôt 100 fois qu’1 …

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