Bettencourt, Wildenstein : la France Forte de la Fraude Fiscale ? 22

Par Belle-Amie

Nicolas Sarkozy en meeting à St-Raphael - cc UMP Photos

Nicolas Sarkozy en meeting à St-Raphael - cc UMP Photos

108 millions d’euros. 108. Ce chiffre représente le montant de la fraude fiscale qui aurait été organisée par les Bettencourt. Un montant faramineux estimé par le fisc sur la base de l’audition du « banquier suisse » des Bettencourt par un juge suisse et le procureur de Nanterre, Philippe Courroye, le 1er octobre 2010, comme le révèle le JDD de ce jour.

108 millions d’euros. Un chiffre qui donne le tournis et pose question dans cette campagne présidentielle.

Comment Nicolas Sarkozy peut-il se présenter au suffrage des Français ainsi soutenu, financé par une famille, un groupe de personnes ayant été engagés dans une fraude fiscale aussi massive ? On n’imagine pas un seul instant une telle situation dans un pays nordique ou anglo-saxon.

Surtout pas quand l’un des financeurs du parti présidentiel et de la campagne de Nicolas Sarkozy, membre du Premier Cercle de l’UMP, Patrice de Maistre est aujourd’hui mis en examen, tout comme le trésorier de l’UMP et ancien ministre, Eric Woerth.

Surtout pas quand l’enquête du juge Jean-Michel Gentil démontre qu’un système de compensation très sophistiqué a permis à Liliane Bettencourt de rapatrier 4 millions d’euros en espèce de Suisse durant trois ans et que certaines de ces sorties d’argent liquide se sont déroulées peu avant la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy. Lequel a admis une possible rencontre avec André Bettencourt durant cette période alors qu’il la niait farouchement, reconnaissant alors et uniquement des diners mondains toujours avec du monde, et bien avant la présidentielle.

Face au doute persistant sur la possible triche lors de la campagne de 2007, les réponses de Nicolas Sarkozy sont dilatoires. Interrogé par le JDD, qui pose une question sur l’affaire Bettencourt en reprenant, facile, une déclaration de François Hollande sur « les forces de l’argent qui distribuent des valises en liquide« , Nicolas Sarkozy répond en attaquant :
« Je ne recevrai pas de leçon de celui qui a été premier secrétaire du PS pendant 10 ans et qui devra rendre des comptes sur le fait que ses 3 principales fédérations aient maille à partir avec la justice, dans l’Hérault, le Pas-de-Calais et les Bouches-du-Rhône. »

Et Nicolas Sarkozy aussi de ressortir la carte DSK qui devrait jeter l’opprobre sur tous les socialistes, voir tant que nous y sommes sur toute la gauche. Quant à ses comptes de campagne de 2007, le président-candidat réfute tout en déclarant qu’ils ont été contrôlés et validés par le Conseil Constitutionnel et n’ont pas fait l’objet d’une quelconque contestation. Un argument très léger quand on sait aujourd’hui comment on été validés les comptes d’une autre campagne dont a fait parti Nicolas Sarkozy, celle d’Edouard Balladur en 1995…

Reste la proximité de Nicolas Sarkozy et de son parti avec ces fraudeurs massifs, qui ont détourné des millions d’euros de l’impôt citoyen, le cas Bettencourt n’étant pas isolé. Une autre affaire de fraude fiscale massive touchant un membre du Premier Cercle des donateurs de l’UMP est devant les tribunaux. En novembre dernier, une information judiciaire a été ouverte par le parquet de Paris à la suite d’une plainte pour fraude fiscale déposée par le ministère du Budget contre le marchand d’art Guy Wildenstein.

Un dépôt de plainte issu de l’administration fiscale extrêmement tardif quand on sait, que Bercy a été alerté à plusieurs reprises depuis 2009 par Claude Dumont Beghi, avocate de la veuve de Daniel Wildenstein, Sylvia Roth, seconde épouse du père de Guy Wildenstein. La fraude serait d’après un article de 2010 du JDD considérable. La fortune de Daniel Wildenstein aurait été minimisée à l’extrême dans la déclaration faite au fisc après sa mort, en étant portée à 42 millions d’euros, alors que la fortune du collectionneur est estimée à plus de 3 milliards d’euros… La question toujours ouverte est de savoir pourquoi le gouvernement de Nicolas Sarkozy n’a pas malgré les alertes données chercher à enquêter et à saisir la Justice. Le soupçon étant aggravé par le fait que Guy Wildenstein est non seulement un généreux donateur de l’UMP mais qu’il a été comme Patrice de Maistre décoré de la Légion d’Honneur par Nicolas Sarkozy lui-même.

« Je veux vous donner des raisons de croire dans la France forte » écrit Nicolas Sarkozy dans sa « lettre au peuple de France« .

Pourtant au vu des sommes en jeu dans ces affaires, on ne peut que constater que la « France forte » de Nicolas Sarkozy a été particulièrement faible à l’égard de fraudes fiscales d’envergure. Si faible envers les riches, les amis du pouvoir, Nicolas Sarkozy voudrait nous faire croire à la pertinence de ces propositions en matière fiscale, qu’il résume ainsi dans cette même « lettre au peuple de France« , lorsqu’il déclare « entre augmenter les impôts et réduire les dépenses publiques, je choisis la réduction des dépenses« , oubliant qu’il est le président de la hausse des taxes et le candidat de la TVA « sociale« .

Et s’il propose un « impôt sur les exilés fiscaux » aux modalités particulièrement douteuses, Nicolas Sarkozy ne propose pas d’augmenter les moyens et les actions pour lutter contre la fraude fiscale, là où François Hollande dit clairement dans ses 60 propositions sa volonté de justice y compris dans ce domaine.

Bref, Nicolas Sarkozy sera comme toujours fort contre les faibles et faible contre les forts. C’est sa vision de la France Forte.


A Lire Aussi :

– Sarkozy ou comment donner des leçons quand on a ruiné son quinquennat en 2 photos par RichardTrois

– L’union sacrée face à Sarkozy par Dante

– De Le Pen à Bayrou, le grand écart de Sarkozy par Saint-Simon

 NKM huée à Sciences-Po : porte-parole de Sarkozy, un métier de chien par Arsinoé

– Pourquoi Hollande fera avec Royal, Montebourg et Mélenchon par Aristote

– Pourquoi Sarkozy file droit vers la défaite par Dante

– Lettre de Sarkozy aux Français : n’est pas Mitterrand qui veut par Hemingway

 


Photo : UMP Photos – licence Creative Commons

22 Commentaires

  1. une france honnête dit SARKOZY j’ai des doutes il a quand même fréquenté ces gens avant de voter réfléchissez

  2. Si on doit vraiment tenir compte des sources et des formes de financement des partis politiques en France, des responsabilités de ceux qui paient, de ceux qui prennent et de ceux qui valident, alors on revient sur plusieurs scrutins de la 5ème République et on annule celui à venir.
    Peut-être faudra-t-il le faire un jour pour effectivement nettoyer et moraliser la vie publique, sujet cher au candidat François Bayrou.

      • D’abord je constate depuis hier que la première partie de mon commentaire a été supprimée,
        Ensuite, si on empêche Nicolas Sarkozy de se présenter alors on doit forcément empêcher au moins François Hollande de se présenter également.
        Je veux bien qu’on l’empêche, mais alors il faut aller jusqu’au bout et traquer l’illégalité où qu’elle soit.

      • Oui votre commentaire comportait une partie qui en l’absence d’information vérifiée peut être jugée diffamatoire.
        Merci donc de nous éviter un procès.

      • Ah parce que vous vous étiez quand Sarkozy et Woerth ont soi-disant pris de l’argent? Vous étiez là quand Nicolas Sarkozy a dit oui au financement illégal? Vous étiez là quand il a couvert les Bettencourt?

        Je peux comprendre que vous vouliez éviter un procès mais dites-le, dites-le moi et dites dites aux lecteurs en général, que vous avez supprimé une partie du commentaire.

        Procès ou pas procès, on peut constater que la France a des consulats et des ambassades dans certains pays avec
        lesquels elle coopère étroitement tout en parlant de droits de l’homme, démocratie et liberté à ceux d’à côté.

        François Hollande n’est certes pas accusé d’avoir lui-même fraudé mais il aurait couvert des fraudes et irrégularités notamment en tant que premier secrétaire du Parti Socialiste.
        Hors Hollande, il me semble que Arnaud Montebourg s’en est pris plein la figure il n’y a pas si longtemps, pour avoir eu la folle audace de dénoncer haut et fort les agissements des frères Guérini qui sont aujourd’hui sous le coup de la justice….

      • MISS AYO vous remarquerez que dans mon commentaire entre parenthèse il y a la phrase » présomption d’innocence » je pense simplement que les noms de woerth et sarkozy reviennent souvent et un peut trop a mon goût , donc il faut vite très vite tirer cette affaire au clair , et si MONSIEUR LE PRESIDENT n’a rien a voir dans cette affaire que cela se sache , je ne fais pas partie de la meute qui aboie je veux que justice soit rendue c’est tout .

      • que je sache F HOLLANDE n’a pas de’ casseroles connues si c’était le cas il est évident que nous demanderions la même chose .
        Pour diriger le pays on se doit d’être irréprochable (d’ailleurs en plus des 500 signatures on devrait demander aux candidats de jurer sur la constitution ne rien avoir a se reprocher qui pourrait relever d’une mise en examen )
        La le président est suspecté de fraude avec l’aide des BETTENCOURT ( alors il y a présomption d’innocence certes mais comment enquêter sur une personne qui a l’immunité présidentielle ? ).
        Le conseil d’état devrait pouvoir lui enlever cette immunité faire que cette enquête aboutisse et on peut le faire rapidement .
        Parce que la c’est pire un doute va subsister et si NICOLAS SARKOZY est réélu il y aura toujours cette arrière pensée , d’abord il ne tient qu’a lui d’aller témoigner chez le juge personne ne peut l’en empêcher .
        N’oubliez pas la loi est la même pour tous soit qu’elle protège soit qu’elle punisse .

      • Partout où les gens jurent sur la Constitution, la Bible ou autre, on sait maintenant que cela ne sert à rien.
        Cela n’empêche pas de mentir.
        En effet, Nicolas Sarkozy pourrait se présenter devant un juge de lui-même.
        Je crois me souvenir que Jacques Chirac avait répondu à un juge en tant que témoin assisté mais je ne sais plus s’il était toujours président à l’époque.
        C’est sûr que des éclaircissements seraient bienvenus.

  3. Ping : Sarkozy : la méthode Coué « Ze Rédac

  4. Ping : Vincennes contre la Concorde : deux visions de la France « Ze Rédac

  5. A la différence que si ils ont menti ils sont parjure et peuvent être destitués par la haute cour de justice , vous ne pensez pas que cela ferait réfléchir ??

    • Hélas, nulle part au monde cela ne suffit à empêcher les gens de mentir.
      Pourquoi ça marcherait en France?
      Aujourd’hui un la justice essaie de démêler l’affaire Karachi et où ça mène? Notamment au Conseil Constitutionnel qui a validé les comptes de campagne de M. Balladur, sur insistance de Roland Dumas entre autres, qui à priori n’est pas son copain et qui devrait vouloir des comptes clairs et nets.
      Va pour jurer sur la constitution, éventuellement, mais je suis très sceptique sur les effets dissuasifs et coercitifs.

      • cela ferait comme aux états unis et déclencherait une procédure d’empêchement c’est juste a rajouter dans notre constitution
        ou cela peut faire l’objet d’une décision du peuple par référendum je suis d’ailleurs pour cette solution .
        Car cela serait décidé par le peuple souverain , et nul ne pourrait revenir dessus , vous prendrez pour argument contraire que le PRESIDENT sortant a bafoué un référendum populaire en reniant le non des français et en faisant passer le texte au parlement.
        Savez vous que si a ce moment la 3/4 des français (mais je ne suis pas certain du chiffre il est a vérifié) par simple pétition pouvait faire annuler ce vote du parlement et redemander un référendum .
        Cette loi existe

      • Je ne connaissais pas cette loi.
        D’un autre côté, le président et les membres du parlement sont élus par les français. Je ne dis pas que cela leur octroie le droit « dans l’esprit » de faire tout et n’importe quoi mais c’est important.
        Faut-il aller vers la VI ème république de Jean-Luc Mélenchon?

  6. Autrement, je susi étonnée que Ze Redac ne craigne pas Nicolas Sarkozy, Eric Woerth, l’UMP, la famille Bettencourt, l’Etat français, les citoyens français, mais les Eyadema, Khadafi et compagnie.

    • Les hommes du président Sarkozy piégés par leurs comptes suisses
      FRANCE — Le président est cerné par les juges qui remontent peu à peu le fil des «affaires». Les confidences de trois hommes menacent une présidence qui ne tient plus qu’à un fil: la réélection et donc l’immunité de Nicolas Sarkozy.
      Par François Pilet. Mis à jour le 31.03.2012 145 Commentaires
      Les enquêtes se multiplient autour des fonds cachés du clan du président français Nicolas Sarkozy.
      Image: Keystone

      Mots-clés

      Présidentielle française
      Nicolas Sarkozy
      «Le temps du secret bancaire est révolu.» Avril 2009, Nicolas Sarkozy, tout juste élu, pointait un doigt accusateur sur la Suisse. Deux ans plus tôt, presque jour pour jour, le photographe François-Marie Banier notait dans son journal intime les propos tenus devant lui par Liliane Bettencourt: «De Maistre m’a dit que Sarkozy avait encore demandé de l’argent. J’ai dit oui.» L’argent que le candidat à la présidence demandait avec insistance provenait d’un compte non déclaré en Suisse.

      A posteriori, les assauts lancés par la France contre le secret bancaire suisse passent pour un incroyable autogoal. Cet aveuglement n’était pas l’unique fait du chef de l’Etat. En 2009, Eric Woerth, alors ministre du Budget, avait brandi la liste des clients volée à HSBC. Des éléments suggèrent aujourd’hui que le ministre en aurait retiré le nom de l’avocat Patrice de Maistre, gérant de fortune de Liliane Bettencourt, qui était aussi l’employeur de son épouse. La carrière du brillant ministre a été brisée par l’affaire. Sorti de garde à vue le 11 février dernier, il déclarait: «Croyez-vous vraiment que j’aurais joué les chevaliers blancs contre l’évasion fiscale si j’avais voulu étouffer quoi que ce soit?» «La réponse est dans la question», tranche Edwy Plenel.

      Le «clan Sarkozy» est aujourd’hui cerné par des enquêtes qui se rapprochent de jour en jour du sommet de l’Etat, dans trois affaires distinctes. Leur point commun, outre leurs principaux protagonistes, est d’avoir laissé à chaque fois les mêmes traces: des comptes bancaires et des retraits de liquide depuis la Suisse.

      1. L’affaire Bettencourt

      C’est dans ce dossier que la justice a le plus avancé. Reprise par le juge d’instruction de Bordeaux Jean-Michel Gentil, l’affaire implique un des intimes du clan, Eric Woerth. Deux autres personnages ont beaucoup à dire, même s’ils résistent tant qu’ils peuvent. L’idée de devenir la balance qui impliquerait le chef de l’Etat moins de 20 jours avant le premier tour de l’élection présidentielle ne tente personne. Le gestionnaire de fortune Patrice de Maistre en a subi les conséquences le 22 mars. Refusant de s’expliquer sur des retraits en liquide depuis les comptes suisses de la milliardaire dans les jours précédents une rencontre avec Eric Woerth, l’avocat a été placé en détention provisoire. A ce duo s’ajoute, un peu par accident, un autre témoin encombrant. Proche de Liliane Bettencourt à l’époque des faits, l’artiste François-Marie Banier refuse d’éclairer certaines notes accablantes retrouvées dans ses carnets.

      2. L’affaire Karachi

      C’est le dossier le plus ancien. Remontant à la campagne d’Edouard Balladur en 1995, les transactions suspectes y sont libellées en francs français. Des éléments judiciaires mentionnent la participation de Nicolas Sarkozy dans des montages destinés à récupérer des commissions issues de vente d’armes, notamment au Pakistan, via l’homme d’affaires Ziad Takieddine. Il y est aussi question de comptes en Suisse, utilisés pour faire revenir les commissions vers les caisses du candidat. Edouard Balladur continue d’affirmer que ces sommes en liquides provenaient de la vente de T-shirts.

      3. La piste libyenne

      Comme l’affaire Bettencourt, elle concerne le financement de la campagne de Nicolas Sarkozy en 2007. Révélée par Mediapart, l’affaire fait apparaître des indices «graves et concordants sur la lune de miel de Nicolas Sarkozy et Mouammar Kadhafi», explique Edwy Plenel. Dans le sillage de Ziad Takieddine, c’est une banque suisse qui aurait servi de relais à la dictature libyenne pour avancer des dizaines de millions d’euros au profit du clan Sarkozy. Pour Edwy Plenel, «cette histoire est la clé de compréhension de l’immense cadeau qu’a fait Nicolas Sarkozy à Mouammar Kadhafi à travers l’affaire des infirmières bulgares en juillet 2007, puis en le recevant comme un chef d’Etat à Paris cinq mois plus tard, lui donnant la respectabilité qu’il demandait». Et dans ce dossier, le président et fondateur du site Mediapart promet du lourd: «Ce que nous nous apprêtons à sortir est encore plus énorme.»

      issu de suisse

  7. Ping : Bataille de communication décisive au soir du premier tour « Ze Rédac

  8. Ping : Pourquoi nous voterons François Hollande « Ze Rédac

  9. Ping : Cohabitation ? Sarkozy nous prend-il pour des canards dans la Marleix ? « Ze Rédac

  10. Ping : Un pied en banlieue, Sarkozy ressort son karcher « Ze Rédac

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s