Sarkozy à sec et les Français au pain sec et à l’eau 6

Par Saint Simon

Sarkozy présente son projet pour la France -  capture

Sarkozy présente son projet pour la France - capture

La conférence de presse donnée par Nicolas Sarkozy ce jeudi pour présenter son projet pour la France et pour les cinq prochaines années avait quelque chose de surréaliste.

Pas seulement parce qu’il a fallu attendre d’être à 17 jours du premier tour de l’élection majeure de notre démocratie pour avoir enfin ce programme, alors que son principal concurrent l’avait délivré dès la fin du mois de janvier et en est même à présenter son calendrier d’action pour les 12 premiers mois de son mandat.

Pas seulement non plus parce que cette présentation du projet de Nicolas Sarkozy avait été repoussée à deux reprises au point qu’on se demandait même s’il aurait procédé à cet élémentaire exercice de démocratie s’il n’avait eu la pression pour le faire, considérant peut-être que sa qualité de président sortant justifie à elle seule sa réélection, sans qu’il soit besoin ni de bilan ni de projet.

Pas seulement enfin parce que malgré la présence de 400 journalistes appâtés par un évènement de campagne censé être important, l’atmosphère était à l’ennui, au manque d’enthousiasme que ce soit dans la salle ou chez l’orateur s’exprimant derrière son pupitre de La France forte.

Oui, une impression étrange d’un candidat éteint, absent de lui-même, se prêtant manifestement contraint et forcé à cette conférence de presse.

Tout s’est éclairé à la fin du discours de Nicolas Sarkozy : il n’avait en fait rien à dire si ce n’est répéter des propositions lâchées au fil de la campagne ou même avant. Pas de direction donnée aux Français. Aucune mesure nouvelle à part l’anticipation d’une semaine pour le versement des pensions de retraites. Pas de propositions sociétales. Pas un mot sur la culture ni sur le problème des inégalités hommes-femmes. Bien sûr rien sur les banlieues. Pas de plaidoyer pour les valeurs comme il sait pourtant le faire. Rien pour lutter contre la finance qui devient folle et qui a provoqué la crise, cette finance qu’il avait pourtant pourfendue dans des discours enflammés.

Mais surtout pas de concept qui permet d’incarner une politique, comme le « travailler plus pour gagner plus » de 2007. Le Nicolas Sarkozy de 2012 n’a pas sa « silver bullet » qui touche le cœur et la raison des gens.

En un mot, il est sec et le retour d’anciens de 2007 au QG de campagne n’y a rien changé. Les équipes ne sont productives que lorsque le leader est fertile.

C’est peut-être pour cela que le seul horizon qu’il a pu proposer aux Français est celui de les mettre au pain sec et à l’eau. Un peu plus, il adoptait la rhétorique churchillienne du sang et des larmes.

Tenu par les engagements déjà pris auprès des pays européens, particulièrement l’Allemagne, oubliant ses vieilles et fugaces amours keynésiennes, se sentant obligé de prendre le contre-pied de François Hollande qui a été inspiré de présenter et préciser son projet avant, Nicolas Sarkozy a proposé la rigueur et encore la rigueur comme seul et unique remède contre la crise, avec en sus encore un peu plus de dérégulation du droit du travail.

Perdu, sans cap ni boussole, il a même fini, dans une démonstration tortueuse pour prouver que les riches n’avaient pas été privilégiés, par avouer ce qu’il niait depuis des mois, à savoir que pression fiscale a bel et bien augmenté sous son quinquennat.

Finalement, les seuls moments où le candidat de l’UMP a semblé retrouver un peu de sa flamme perdue, c’est lorsqu’il a critiqué François Hollande. Tout y a été prétexte et il y a passé beaucoup de temps. A la limite de l’obsession. Comme si désormais sa seule motivation dans cette campagne présidentielle était de battre son adversaire socialiste, ou de lui faire le plus mal possible.


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6 Commentaires

  1. La grande « réforme », historique, celle qu’aucun président avant lui n’aurait même pu imaginer : l’avancement de la date du règlement des retraites. Bon sang, j’en suis tout retourné… D’autant, qu’il y a quelques années les impots avaient reculé la date de leur prélèvement pour qu’elle tombe systématiquement après la perception de ladite retraite.
    Pour le permis de conduire, initiative qui va dans le sens du redressement de la balance commerciale, et du vent, il n’y est pas revenu. C’était trop.
    Fatigué de l’entendre, j’ai coupé le son de mon téléviseur. Pour voir ce que ça donne. Mine défaite, gestes saccadés, index pointé de manière agressive. petits sourires sadiques sans doute quand il parlait de Hollande, L’avocaillon en train de plaider sa propre cause en sachant qu’elle devient jour après jour de plus en plus indéfendable.
    Vouloir se représidentialiser tous les quinze jours pendant des mois, ça use son bonhomme.

    • C’est vrai que cette proposition est anecdotique, et pourtant au 13h de F2, c’est la mesure qui a été mise en avant avec des interviews de retraités qui étaient contents de cette décision, seule la directrice de la cnav semblait moins motivée, mais son intervention a été de courte durée. Avec cette mesure on ne parle pas des autres dont la TVA « sociale » qui va frapper de plein fouet les retraités car ils n’auront pas de réduction de charges en compensation. Je pense que cette proposition n’est pas arrivée là par hasard, mais bien pour détourner l’attention sur d’autres plus dures. Attention, il a plus d’un tour dans son sac.

  2. Oui, comme on dit chez moi, l’affaire est dans le cul de l’âne.
    En clair, la parenthèse Sarkozy, c’est plié de chez plié et bien rangé au fond de l’armoire.

  3. Avec un bilan calamiteux, voilà maitenant que le digne successeur de Daladier et Pétain, recherche des idées dans les poubelles du FN ! Oui c’est bien vrai, Ségolène a raison de dire qu’il cherche à conserver l’immunité…Alors citoyens le 6 mai envoyons François Hollande à l’Elysée réparer les dégats de notre Tatcher en caleçon et envoyons Sarkozy répondre de ses faits devant les juges !

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