» Ne change pas Nicolas, reste toi-même ! «  6

Par Hemingway

Sarkozy en Une de Paris Match : "je serais un président différent"

On a coutume de dire que le premier tour de la présidentielle sert à choisir le candidat de son cœur et le second à éliminer celui des deux finalistes dont on ne veut pas. Manifestement, les électeurs continuent, malgré la campagne offensive du président sortant, à vouloir l’empêcher de se succéder à lui-même .

Toutes les enquêtes d’opinion montrent en effet un écart demeurant entre 6 et 10 points au second tour au bénéfice de François Hollande.

Du rejet de son comportement ou du boulet de son bilan, on ne saurait trop dire lequel des deux plombe le plus Nicolas Sarkozy dans les intentions de vote.

Le bilan est connu. Le sortant a beau s’en justifier en renvoyant la faute sur les autres, la crise, les corps intermédiaires et les socialistes qui n’ont pas gouverné depuis 10 ans, la vérité nue des statistiques de toutes sortes et du vécu des Français, le dément tous les jours.

Son comportement, sa façon d’être ont été regardés avec bienveillance jusqu’au soir de sa victoire en 2007. Beaucoup y voyait, une façon différente de faire de la politique et une forme de franchise qui tranchait avec les us et coutumes de la vie politique en apportant un grand bol d’air frais au débat démocratique.

Il lui aura fallu une heure, une seule heure, pour commencer à briser cette image aux yeux de ceux qui avaient pour lui un regard indulgent. La politique est faite de symboles et celui du Fouquet’s lui est attaché à jamais.

Les mois qui ont suivi ont été de la même eau, du yacht Bolloré à la mise en scène de sa romance avec Carla.

Son activisme forcené qui apparaissait, avant la présidentielle et dans les premiers mois qui l’ont suivie, comme un volontarisme, une capacité à bousculer les conservatismes de notre société, est apparue au fil du mandat comme de l’agitation et une « hyper-présidence » ne seyant pas à la nécessaire hauteur d’un président de la République.

Ses réponses législatives à tous les problèmes et faits divers qui se sont présentés, initialement perçue comme la manifestation de l’écoute profonde du pays, sont devenues au fur et à mesure qu’elles montraient leur impuissance à résoudre les difficultés, des effets d’annonce et de la vulgaire communication.

C’est tout cela qu’une grande majorité de Français ne supporte plus chez le chef de l’Etat encore en exercice.

Or, qu’a-t-il donné à voir de lui depuis son entrée en campagne ? Tout simplement qu’il n’a pas changé.

Ses confessions intimes et les regrets exprimés lors de l’émission Des paroles et des actes, loin de solder ses errements passés, les ont mis en exergue et ont montré que Nicolas Sarkozy avait encore beaucoup de travail sur lui-même pour accéder à la décence et la pudeur attendues d’un président de la République.

Les attaques incessantes, brutales et quasi-obsessionnelles contre François Hollande, le concours de muscles dans lequel il essaie d’entraîner son adversaire, le renvoient à son comportement de cour d’école lors des fameuses scènes du « casse toi pauv’con » et « descends si t’es un homme ». L’équipe de François Hollande l’a bien compris, elle qui depuis deux jours le cible sur son attitude infantile (voir sur Ze Rédac les articles suivant « Batho et le petit Sarko » de Lautréamont et « Hollande de combat » par Dante).

Sur le fond, depuis le début de la campagne, la méthode n’a pas changé : des annonces tous les jours, sans qu’on saisisse la cohérence d’ensemble, des promesses qui contredisent les engagements passés, des lois proposées sous le coup de l’émotion alors que le recul s’impose, l’exploitation sans vergogne du filon sécuritaire comme le montre aujourd’hui l’arrestation d’islamistes sous l’œil des caméras. Et surtout cette propension à stigmatiser une partie de la population, à dresser des Français contre d’autres Français quand il y a une demande forte d’apaisement.

Nicolas Sarkozy nous dit cette semaine dans Paris-Match qu’il sera un président différent s’il est réélu. Mais chacun de ses actes, chacune de ses attitudes, nous montrent qu’il restera le même, celui dont les Français ne veulent plus.

En dépit de la rudesse des coups qu’il reçoit et parce qu’il a cette capacité à prendre du recul pour analyser froidement les situations, François Hollande doit secrètement encourager son adversaire : « Surtout Nicolas, ne change pas ! Reste toi-même ! ».

 


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