Drame de Toulouse : l’attitude des candidats au crible 2

par Saint-Simon

 Hommage rendu par la Nation aux soldats assassinés à Montauban - capture BFM

Hommage rendu par la Nation aux soldats assassinés à Montauban, ce 21 Mars 2012.

Un drame pareil à un mois du premier tour d’une élection présidentielle, c’est du jamais vu. Bien sûr il y avait eu les morts de la grotte d’Ouvéa en 1988, mais c’était si loin bien qu’en France, de l’autre côté de la terre, que l’impact dans l’opinion en fut atténué. Il y eut aussi en 2002, la tuerie au conseil municipal de Nanterre mais elle fut le fait d’un déséquilibré qui tira dans le tas, pas celui d’un tueur froid achevant un enfant d’une balle dans la tête, après plusieurs meurtres programmés.

Et dont on découvre qu’il se réclame du fondamentalisme musulman, alors même que la place de la religion musulmane et de ses rites dans la société française ne cessait de faire polémique depuis le début de la campagne.

Chaque candidat a donc dû improviser ses réactions face à une situation inédite, d’une sensibilité extrême et à la charge émotionnelle énorme.

Nicolas Sarkozy, par devoir et par calcul – les deux étant parfaitement complémentaires en l’occurrence –, a renfilé illico presto ses habits froissés de président de temps de crise qu’il devait regarder tristement chaque matin dans sa penderie en se demandant quand ils allaient resservir.

Marine Le Pen a fait profil bas en attendant d’être sûr que ce n’était pas un lointain cousin raciste qui était l’auteur des tueries. Rassurée, elle a immédiatement chaussé ses gros sabots de la polémique xénophobe qu’elle essaie encore de faire passer pour des charentaises réchauffant le bon peuple de France.

François Bayrou a pris l’eau, ses vêtements devaient être percés. Naviguant entre faire campagne et ne pas faire campagne, il s’est discrédité en critiquant trop tôt les beaux habits de super-héros du président.

Un mot à ce stade pour rendre justice à Jacques Cheminade : avec dignité ou ne sachant que faire, il n’a rien dit – ou n’a pas osé dire que Barack Obama était responsable – et personne ne s’en est aperçu.

Jean-Luc Mélenchon a été fidèle à lui-même : cohérent. Considérant que la démocratie ne doit pas céder devant la peur et la violence, il a continué à faire campagne. Ses déclarations sur la nécessaire unité de tous les républicains d’une grande tenue.

Eva Joly, à rebours du discours ambiant, a critiqué hier matin non sans justesse « les discours discriminants et stigmatisants de Claude Guéant et Nicolas Sarkozy » et personne ne l’a remarqué.

Nathalie Arthaud et Philippe Poutou se sont exprimés mezza voce, sans surenchère et il faut leur en rendre grâce.

Nicolas Dupond-Aignan s’est surtout signalé par sa présence à la cérémonie de Montauban. Si, il y était, je vous assure.

Reste François Hollande qui occupe dans ce drame, du point de vue de l’élection présidentielle, une position particulière. Prétendant plus que sérieux à la victoire finale, il ne dispose pas des attributs de l’exercice du pouvoir contrairement à Nicolas Sarkozy depuis lundi. Et se posait donc pour lui plus encore que pour les autres la question de l’attitude à adopter.

Le risque de voir Nicolas Sarkozy occuper seule la scène aurait pu amener François Hollande à rompre le consensus, ou à s’exprimer plus que de raison au regard de sa position.

Il a su au contraire, et c’est la marque d’une personnalité politique prête à assumer les plus hautes responsabilités, choisir la voie de l’unité nationale, être présent là où il fallait être – comme à Montauban cet après-midi –, parler avec empathie et modération, s’abstenir de toute critique quand les chiens de garde de l’UMP recommençaient pourtant à lui mordre les mollets en l’accusant de récupération du drame – les mêmes qui lui auraient reproché son absence s’il n’avait pas participé à l’hommage national.

François Hollande est donc sorti grandi de ces évènements. Tout simplement parce qu’il a su mettre de côté son intérêt personnel pour faire vivre l’unité nationale. Très exactement ce que les Français attendent du prochain chef de l’Etat parce qu’ils ne l’ont pas eu pendant cinq ans.


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2 Commentaires

  1. vous plaisantez , et sa participation sur BFM ;le matin même . Et était il aux obsèques des soldats morts en Afghanistan ?(être présent là ou il devait être !!!) soyons sérieux qu’il y soit passe encore mais qui fanfaronne (après le départ de Sarkozy) devant les caméras est purement scandaleux .

  2. Quel article immonde de propagande!
    Les « arguments » sur Bayrou sont géniaux.
    Quand on n’a rien à critiquer à son sujet, on invente des chimères…

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