Dix candidats à la présidentielle. Malgré tout. Réponse

Par Renaudot

10 candidats pour la présidentielle de 2012

Malgré tout, la campagne pour l’élection présidentielle a continué hier, si ce n’est sur le plan politique – et encore que… –, au moins au niveau institutionnel.

Le Conseil Constitutionnel a en effet validé la liste des candidats ayant obtenu au moins cinq cents parrainages. Ils seront donc dix dont les noms seront écrits sur les bulletins présents dans les bureaux de vote le 22 avril 2012 pour le premier tour de la 9ème élection du président de la République française au suffrage universel direct : Nathalie Arthaud pour Lutte Ouvrière, Jacques Cheminade pour Solidarité et progrès, François Bayrou pour le MoDem, Nicolas Dupont-Aignan pour Debout la République, François Hollande pour le Parti socialiste, Eva Joly pour les Europe Ecologie Les Verts, Marine Le Pen pour le Front National, Jean-Luc Mélenchon  pour le Front de gauche, Philippe Poutou pour le Nouveau Parti Anticapitaliste, et Nicolas Sarkozy pour l’Union pour un Mouvement Populaire. L’ensemble des grands courants d’idées de la politique française est représenté.

Dix, c’est deux de moins qu’en 2007, mais un de plus qu’en 1988 et 1995. Où on voit que le système des parrainages par cinq cents élus instauré en 1976, a contribué à donner une stabilité à cette élection en limitant de facto le nombre de candidatures.

Le débat fait rage à chaque présidentielle sur cette question des cinq cents parrainages. En guise de prise de position, un constat et un seul : la seule fois où le nombre de candidatures a explosé, en 2002 avec 16 prétendants, la démocratie française a tremblé sur ses bases avec la présence d’un candidat d’extrême-droite au second tour, qualifié grâce à l’émiettement des voix au premier tour.

Débat également, suscité par une partie de la presse, sur la question de la stricte égalité du temps de parole qui commence aujourd’hui dans les médias audio-visuels. Comment ? On devrait donner le même temps d’antenne à tous les candidats, les grands et les petits, à Nicolas Sarkozy ou François Hollande et à Jacques Cheminade ? Eh bien oui ! Si on peut trouver étrange que ce dernier ait obtenu les parrainages nécessaires, une fois que ceux-ci ont été acquis dans le respect de la loi, il devient un candidat comme les autres, bénéficiant des mêmes droits que les autres. C’est l’application simple et concrète de nos principes démocratiques. Et tant pis si l’audience en pâtit.

On aimerait d’ailleurs bien savoir ce que proposent à la place les contempteurs de cette règle de l’égalité des temps parole : proportionner les temps d’accès aux antennes aux résultats dans les sondages ? Autre suggestion : la chaîne de télé ou la radio qui s’offre un sondage aurait le droit d’inviter toute la journée sur ses ondes le candidat arrivé en tête, ou bien celui ayant bénéficié de la plus forte progression. La boucle serait ainsi bouclée et le sondage bien rentabilisé… Soyons sérieux.

La campagne va changer de nature. La part très importante d’antenne réservée jusqu’ici aux deux favoris et à leurs poursuivants immédiats, va désormais être diluée. Et, ce, au moment où les indécis commencent à se forger leur opinion.

Les « petits » candidats, ceux crédités de 0 à 5 % dans les sondages, auront le temps d’exposer leurs idées et leur projet, mais également de critiquer leurs adversaires. Les « gros » candidats qui ne pourront notamment plus compter sur les longs directs que les chaînes d’info continue leur consacraient chaque jour, devront concentrer leur message, affûter leurs arguments, revoir leur stratégie de déplacements, mieux cibler leurs concurrents. Chaque image, chaque mot prononcé vaudra cher.

Quel sera l’impact de ces nouvelles règles de déroulement de la campagne ? Nul ne peut le prévoir, d’autant plus que s’y ajouteront les conséquences des drames de Toulouse et Montauban qui influeront certainement sur l’attitude et le positionnement des candidats susceptibles de l’emporter.

Pour l’instant le rapport de force droite-gauche que montrent les enquêtes d’opinion, est largement favorable à la gauche. Les reports de voix de François Bayrou et de Marine Le Pen, s’ils ne sont pas présents au second tour, feront la différence. Même s’ils se concentrent officiellement sur le premier tour, le second ne quitte pas un instant l’esprit des deux favoris.

La campagne continue. Malgré tout.


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