Le Pen qualifiée : ça se corse pour Sarkozy 8

par Renaudot

Marine Le Pen à Henin-Beaumont le 13 mars 2012 - capture Ze Rédac

Nicolas Sarkozy ne cesse de dire à ses proches, pour les rassurer et peut-être pour se rassurer lui-même, que tout se déroule dans cette campagne selon les plans qu’il a prévus. Est-ce bien si sûr ?

Comme en 2007, il a fait le choix d’une campagne très à droite, pleinement orienté vers les classes populaires, pour siphonner au premier tour l’électorat tenté par le vote Le Pen.

Cette stratégie a été définie il y a plusieurs mois sous l’impulsion essentielle de Patrick Buisson, ancien directeur du journal d’extrême-droite Minute, conseiller du président sortant qui pense lui devoir son élection de 2007. Comme il y a cinq ans, cette stratégie intégrait la présence du Front national dans la course présidentielle.

Mais ces dernières semaines, Nicolas Sarkozy et son équipe avaient fini par se convaincre que Marine Le Pen n’obtiendrait pas ses cinq cents parrainages et laisserait donc ainsi en jachère ses électeurs. Une aubaine pour le candidat UMP dont l’obsession est de finir le premier tour en tête en creusant l’écart avec François Hollande pour créer une dynamique d’entre-deux-tours et l’emporter au finish le 6 mai. Occupons-nous du premier tour ne cesse-t-il de proclamer, on s’occupera du second tour ensuite.

D’où la manipulation de thèmes habituellement l’apanage des Le Pen, père ou fille, susceptibles de séduire leur électorat, lequel s’était reporté aux deux tiers pour le candidat de droite au second tour de 2007 : immigration, viande Halal, sortie de l’espace Schengen, en attendant le thème de l’insécurité.

Entre 15 et 17% selon les sondages, le pactole de Marine Le Pen était alléchant.

Mais patatras ! Trois jours avant la clôture des dépôts des parrainages au Conseil Constitutionnel, Marine Le Pen annonce disposer de ses cinq cents signatures et s’installe en vainqueur d’un premier obstacle dans la course présidentielle.

D’entrée de jeu, dans son premier discours de candidate officielle, libérée d’un risque de disqualification qui aurait mis en danger de mort financière le FN, elle a tenu à montrer qu’elle ne compte pas laisser le terrain libre au président sortant sur les thèmes qui font traditionnellement la clientèle électorale du Front National.

Echaudée par le précédent de 2007, elle est bien décidée à ne pas se laisser dépecer. L’important pour elle sera donc d’abord, dans les quelques semaines qui nous séparent du scrutin, de conforter sa base électorale – en proie également aux assauts de Jean-Luc Mélenchon – plutôt que de chercher à l’élargir.

A partir du 20 mars, les médias audiovisuels devront appliquer une stricte égalité des temps de parole entre les candidats. Nicolas Sarkozy disposera donc du même temps d’antenne que Marine Le Pen.

La partie se complique encore pour le président sortant – qui voit aussi Nicolas Dupont-Aignan obtenir le droit à concourir  et réclamer sa part du gâteau électoral de la droite.

La course à l’échalote entre Nicolas Sarkozy et Marine Le Pen n’a pas fini de produire des relents nauséabonds…


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8 Commentaires

  1. D’accord avec votre analyse globale mais je récuse la phrase : « ..une campagne très à droite pleinement orientée vers les classes populaires ». Ce qui voudrait dire qu’il faut être « très à droite » pour séduire les classes populaires! Pour les intéresser, il faut plutôt s’occuper de leurs problèmes (dont par ex. la sécurité), ce que Ségolène Royal a été seule à faire pendant la campagne des primaires avec des salles pleines et des accueils exceptionnellement chaleureux. On connait la suite: seuls la petite-bourgeoisie politisée a voté aux primaires, les gens modestes ne se sentant pas ou peu concernés par le processus.Ce qui ne signifie pas, bien au contraire, que S.R. avait tort!

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