Les riches trahis par Sarkozy ? Même pas en rêve … 8

Par Hemingway

Une annonce par jour, on vous l’avait bien dit. Celle d’hier concerne les exilés fiscaux qui devront désormais payer des impôts en France. Désireux d’effacer son image de président des riches et d’imposer celle du candidat du peuple, Nicolas Sarkozy n’hésite désormais plus à aller piocher dans le panier de propositions de Jean-Luc Mélenchon, après s’être servi dans celui de Marine Le Pen.

Alors Nicolas Sarkozy a-t-il vraiment lâché les plus fortunés des Français ? Est-il vraiment décidé à leur faire payer leur juste part dans l’effort de redressement du pays ?

On se souvient tous du yatch de Bolloré et des invités fortunés du Fouquet’s. Dans l’euphorie de son élection (et dans la détresse de sa future séparation ?), il avait décidé de tordre le cou à l’hypocrisie ambiante et d’assumer ses amitiés – nombreuses chez les ultra-riches – et son admiration pour la réussite financière. Ne dira-t-il pas d’ailleurs un peu plus tard : « Si j’arrête la politique, j’irai faire de l’argent » ?

Sa proximité avec le monde de la finance n’est pas seulement amicale. Elle est aussi intéressée. Jusqu’au scandale de l’affaire Woerth-Bettencourt, il continuait de rencontrer le Premier cercle de ses donateurs de campagnes électorales composé de fortunés mécènes. Grâce à eux, il a pu inscrire dans son compte de campagne 2007 infiniment plus de dons que son adversaire Ségolène Royal. Plus discrètement, le Premier Cercle continue encore aujourd’hui ses bonnes œuvres.

Si la liste exhaustive des membres de ce club très fermé n’a jamais été rendue publique, il ne fait aucun doute que certains d’entre eux sont des exilés fiscaux. A l’UMP, on ne semble pas avoir toujours été aussi regardants qu’aujourd’hui. Eric Woerth et Patrick Devedjian se sont rendus en 2007 à plusieurs reprises en Suisse pour collecter des fonds.

Jean-Michel Goudard, l’un des rares conseillers qui comptent vraiment pour le président sortant, est établi au pays des Helvètes. L’histoire ne nous dit pas si c’est lui qui a soufflé à Nicolas Sarkozy l’idée de faire payer une taxe à ses co-religionnaires du toujours moins d’impôts…

Comment ne pas faire le lien entre ces relations incestueuses unissant les mondes du CAC 40, de la finance et le pouvoir sarkozyste, et le traitement de faveur dont ont bénéficié tout au long du quinquennat les plus privilégiés des Français, du bouclier fiscal à la suppression de l’impôt Sur la Fortune ? Comment expliquer que Liliane Bettencourt, l’une des premières fortunes de France, n’ait fait l’objet d’aucun contrôle fiscal durant dix années ?

Nicolas Sarkozy, cinq ans après avoir pris les rênes du pays, découvre durant cette campagne électorale les injustices fiscales et se décide à taxer les riches. Les entreprises du CAC 40 devront contribuer à la même hauteur que les PME et ceux qui ont fui la France pour échapper à ses impôts, seront rattrapés par le fisc.

Peu importe qu’il ait ferraillé il y a quelques jours seulement contre l’imposition à 75% des revenus au-delà de un million d’euros. Ce qui compte, c’est l’annonce du jour. Demain, il sera toujours temps de la vider de son contenu. Ses amis du Premier cercle peuvent être rassurés.

Affirmation gratuite ? Dans l’émission de France2 Des paroles et des Actes, Nicolas Sarkozy annonçait la création d’un impôt minimum sur les bénéfices pour les grands groupes. Dès le lendemain, son entourage renvoyait déjà aux calendes grecques la mise en œuvre de cette taxe.

Il y a quelques semaines, le pas encore candidat annonçait la mise en œuvre par la France seule si l’Europe ne suivait pas, d’une taxation sur les mouvements de capitaux. La fameuse taxe Tobin. C’est sa majorité parlementaire qui, avec son aval, a supprimé dès la première loi de finances suivant son élection, l’impôt de bourse qui en était la version française.

Début 2011, pour compenser l’effet politique désastreux de la suppression de l’Impôt Sur la Fortune, Nicolas Sarkozy faisait voter un impôt taxant les plus-values exercées à l’étranger au même niveau que si elles l’étaient en France. Le but affiché était de lutter contre l’exil fiscal. Un an après, cette taxe n’est toujours pas applicable.

Le bouclier fiscal devait inciter les grandes fortunes à revenir en France. Nicolas Sarkozy fustigeait alors toute mesure punitive. Campagne électorale oblige, il se décide aujourd’hui à agiter le bâton.

Mais comme dans une pièce pour enfants, les grandes fortunes savent que le bâton est en mousse et qu’avec Nicolas Sarkozy réélu elles pourront continuer, comme avant, leurs petites affaires. Silencieuses, elles ne font même pas semblant d’avoir mal et continuent de cracher au bassinet.

Le candidat UMP fait le pari que les Français ne verront pas le subterfuge. Spectateur pour le moment silencieux de ce théâtre d’ombres, le peuple rendra son verdict le 22 avril et le 6 mai. Dans l’Histoire, il a souvent choisi le camp de la justice contre celui des privilèges.


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8 Commentaires

  1. Le clown du grand chapiteau qui n’aime que sa petite personne et méprise ses concitoyens aurait dû faire l’école du cirque plutôt qu’avocat car après le costume de président des riches le voilà accoutré du costume de candidat des pauvres ! Le sarkoshow en tournée dans toute la France ! Avec quelques filles de joie, le meeting de Villepinte aurait ressemblé à un spectacle de Berlusconi sur la cinque ( prononcez tchinnekwé pour les non-italophones)

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