Les leçons d’amateurisme de « Battling Sarkozy » 11

par Belle-Amie

Théatre de l'Odéon à Paris peint par André Masson - © Razak

Théatre de l'Odéon à Paris, plafond peint par A. Masson - © Razak

François Hollande propose de taxer à 75% la part de ces salaires indécents situés au dessus du million d’euros ? Et voilà que Nicolas Sarkozy donne des « leçons d’amateurisme », déclarant à la presse à propos de ce projet : « une impression d’improvisation, de précipitation, pour tout dire d’amateurisme qui est assez consternante« .

Ainsi va Battling Sarkozy comme le nommait ce mardi matin le journaliste Laurent Bazin dans sa chronique sur RTL. La vérité c’est qu’il n’existe pas plus de Battling Sarkozy que de pierre philosophale et aucune campagne électorale, fut-elle celle de Nicolas Sarkozy ne changera le plomb en or.

La vérité crue, c’est que ce quinquennat n’est qu’une longue, une trop longue leçon d’amateurisme dans la conduite des affaires de la France.

Amateurisme, lorsque le candidat défend et fait voter le bouclier fiscal pour protéger les plus riches, dès les premiers jours de son mandat, pour ensuite faire mine de l’abolir 5 ans plus tard. Sans avoir fait revenir en France le moindre millionnaire. Mais après avoir multiplié les chèques du fisc aux multimilliardaires tandis que 8 millions de France peinent à se chauffer, que des retraités font quotidiennement les poubelles des supermarchés pour survivre. Attristant spectacle dans une France toujours riche.

Amateurisme quand il s’agit de sauver les banques françaises au milieu de l’énorme crise financière de 2008. Un sauvetage cadeau réalisé sans que l’Etat n’exige de contrepartie aux banques lesquelles ne font toujours pas leur métier, celui de prêter aux entreprises et même continuent de spéculer contre les Etats, contre la main qui les a sauvé et nourri.

Amateurisme avec le non-remplacement d’un fonctionnaire sur deux partants à la retraite. Une politique digne d’une saignée du XVIIème siècle, inefficace, aveugle, dangereuse, condamnée même dans le propre camp du chef de l’Etat par un Philippe Séguin, président de la Cour des Comptes.

Amateurisme complet encore dans le traitement de la crise des dettes souveraines en Europe et plus particulièrement dans la crise grecque. Amateurisme, jusqu’au ridicule des sommets où Nicolas Sarkozy nous rejoue tous les mois le héros qui sauve l’Europe du gouffre.

Amateurisme quand Nicolas Sarkozy traite avec mépris la révolte du peuple tunisien, puis celle du peuple égyptien, incapable de comprendre la détresse de la jeunesse arabe, l’ampleur du besoin de démocratie sur l’autre rive de la Méditerranée.

Amateurisme et précipitation, hier encore quand Nicolas Sarkozy annonce à la presse la nouvelle tant attendue, celle de l’évacuation et la mise en sécurité de la journaliste française Edith Bouvier, blessée et bloquée à Homs en Syrie. Juste 2 heures avant que le président de la République ne vienne s’excuser publiquement de son « imprécision » et de démentir ses propos sur le sauvetage d’Edith Bouvier.

L’urgence humanitaire, la situation du peuple syrien, celle des journalistes bloqués là-bas quand ils ne sont pas délibérément pris pour cible, ne peut que douloureusement nous rappeler le tapis rouge déroulé pour recevoir et honorer Bachar Al-Assad.
Que d’honneurs  Nicolas Sarkozy a-t-il fait à ce sanguinaire dictateur  en le recevant à Paris, un 14-Juillet, jour où l’on fête la Nation, sa libération et la République. Comme si la République n’était qu’une gueuse que l’on offre en cadeau d’un soir à un assassin.

On ne sait s’il faut parler d’amateurisme ou cynisme.

Alors entendre la droite et plus particulièrement Nicolas Sarkozy donner des leçons de professionnalisme, nous colle une nausée persistante.

Le problème pour la Nation, c’est que le « professionnalisme » de Nicolas Sarkozy ne dure jamais plus que le temps d’une déclaration, d’un meeting, d’un sommet, d’une élection. Jamais plus longtemps que le temps d’une représentation.
Il est vraiment temps pour Nicolas Sarkozy de réaliser que la présidence de la République, ce n’est pas le Théâtre de l’Empire et qu’il est grand temps pour lui de quitter cette fonction suprême qu’il traite comme une scène.


A Lire Aussi :

– La chute de la Maison Sarkozy par Le Troubadour

– Pulvar / Montebourg agressés : quelque chose de pourri au Royaume de France  par Lautréamont

11 Commentaires

  1. Sarkozy n’est pas un président, pas même un homme d’état. C’est tout au plus un petit coq de combat.

  2. Ping : Les leçons d’amateurisme de “Battling Sarkozy” | Mon cybercarnet

  3. Ping : Débandade à l’UMP : les mots pour le dire ! « Ze Rédac

  4. Ping : Nicolas Sarkozy : de l’attaque à la défense « Ze Rédac

  5. Ping : Sarkozy à Bayonne, fiasco et stratégie de la tension « Ze Rédac

  6. Ping : De Bayonne à Bruxelles, Sarkozy ne parvient pas à “perturber” Hollande « Ze Rédac

  7. Ping : Sarkozy en campagne : du risque d’être challenger « Ze Rédac

  8. Ping : Les leçons d’amateurisme de “Battling Sarkozy” « gauche2012

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s