Nicolas Sarkozy peut-il en 2012 gagner en faisant campagne comme en 2007 ? 4

par Saint-Simon

Nicolas Sarkozy en 2007 à Toulouse - cc Guillaume Paumier

Nicolas Sarkozy en 2007 à Toulouse - cc Guillaume Paumier

Nicolas Sarkozy, pour discréditer ses adversaires, et en premier lieu François Hollande, n’a de cesse de répéter : « Ils n’ont pas compris que le monde a changé et que les vieilles recettes, les vieilles lunes, ça ne marche plus ». Le tout accompagné d’une mimique digne de l’Actor Studio censée donner force de vérité à cette affirmation.

Le candidat sortant de la droite a-t-il médité le sens profond de cette formule ou bien l’utilise-t-il comme on ferait un référendum, c’est-à-dire par pure opportunité politique ? Un regard attentif sur la manière dont il installe sa campagne permet de répondre à cette question. Qu’est-ce qu’une campagne pour l’essentiel ? Une équipe, une stratégie électorale et une manière de mener campagne.

Regardons l’équipe de Nicolas Sarkozy met en place autour de lui : Emmanuel Mignon, cheville ouvrière du projet 2007 qui avait depuis quitté l’équipe présidentielle pour cause de mésentente avec Claude Guéant, revient pour trouver la pierre philosophale du  projet 2012 ; Henri Guaino, orfèvre éclectique de la plume en 2007, est confirmé en se voyant confier la tâche de transformer le plomb en or dans les prochaines semaines ; Patrick Buisson, conseiller occulte et efficace en 2007, continue en 2012 ses sombres offices d’éminence grise plus écoutée que jamais.

Qu’en est-il de la stratégie électorale 2012 de Nicolas Sarkozy ? Elle ressemble comme deux gouttes d’eau à celle de 2007 : faire le plus gros score possible au premier tour pour créer une dynamique d’entre-deux-tours entrainant avec elle les tièdes et les hésitants qui font basculer le second tour. La nomination de Claude Guéant à l’Intérieur, l’espace laissé à la droite populaire, les dérapages plus ou moins contrôlés, les polémiques qui pourrissent le débat, le retour au premier plan de l’immigration en attendant la sécurité, et le referendum sur les chômeurs assimilés à des assistés, montrent s’il en était besoin que la cible électorale est identique à celle de 2007 : l’électorat tenté par le Front national qui apparaît comme plus nombreux et plus poreux avec celui de l’UMP.

Quel type de campagne va mener le candidat sortant en 2012 ? On nous l’annonce frénétique, avec une proposition par jour. Cela ne vous rappelle rien ? On nous dit, même si on n’ose plus utiliser le mot « rupture », que ses propositions vont détonner ? Cela n’a t-il pas un air de ressemblance avec 2007 tout comme les confidences sur l’exercice du pouvoir qui a changé l’homme ? On laisse filtrer qu’il devrait effectuer son premier déplacement de campagne sur le plateau des Glières. Cela ne vous dit rien ? On attend avec impatience qu’il évoque les mannes de glorieux anciens choisis de préférence dans le panthéon de la gauche. Pour le grand meeting de début de campagne, le choix de Villepinte rappelle aussi, d’une autre manière, la campagne de 2007 avec ses grands rassemblements populaires autour de Ségolène Royal. Malgré cinq années d’exercice du pouvoir au plus haut niveau, Nicolas Sarkozy se présente, comme en 2007, comme le candidat anti-système et en lutte contre les conservatismes de toutes sortes. On arrêtera là la liste des similitudes pour ne pas lasser le lecteur.

2007 a été et restera toujours, pour Nicolas Sarkozy, l’année d’une campagne glorieuse dans la mère des batailles, la référence indépassable à copier pour connaître de nouveaux succès . En ces temps sondagiers douloureux, où l’espoir d’une nouvelle victoire doit parfois prendre pour lui le visage flou de l’inaccessible étoile, comment ne se raccrocherait-il pas à ce qui a déjà si bien fonctionné ? On songe à l’équipe de Raymond Domenech dont les joueurs superstitieux ont peut-être chaussé, lors du premier match de la dernière coupe du monde de football, les crampons qui les avaient emmenés en finale lors de l’édition précédente.

C’est dans les vieux pots qu’on fait les meilleures soupes, dit l’adage populaire. Nous saurons bientôt si la soupe cuite dans le pot de 2007 fait toujours recette en 2012 , ou si le peuple, lassé des plats qu’on lui a servi pendant cinq ans, aura envie de changer de cuisinier.

C’est vrai, le monde a changé. Il est à craindre pour Nicolas Sarkozy que le regard que les Français portent sur lui ait aussi définitivement changé.


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4 Commentaires

  1. Ping : Christian Vanneste : enfant naturel du cynisme électoral de Nicolas Sarkozy « Ze Rédac

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  4. Il veut « se présenter contre tous les conservatismes »..Alors il fait fausse route car en 2007, il n’a pas été élu par les forces vives mais par les 3/4 des plus de 65 ans, retraités apeurés pour qui il a agité la peur des étrangers et de jeunes en général. Chez les jeunes et les actifs, Mme Royal gagnait haut la main. Cependant, je doute que cette fois, l’ensemble des retraités se laissent prendre à ses grosses ficelles !

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