François Hollande : la force de l’évidence républicaine ! 2

Par RichardTrois

François Hollande lance sa campagne au Bourget
François Hollande, lors de son discours à la Nation, au Bourget. – © Razak

Pourquoi le taire ou le cacher, le discours de François Hollande hier à la Nation, m’a surpris. Très agréablement et singulièrement surpris par sa force.
François Hollande a aussi très largement surpris l’UMP, dont la riposte tant vantée et tant annoncée est tombée à plat voire très souvent complètement à côté. Et voilà une droite si arrogante hier soir, ce matin est contrainte de reconnaître :
« que c’est une bonne entrée en campagne ».

Oui, j’ai été surpris par la force de ce discours. Et la force de François Hollande s’adressant à la Nation, c’est dans la simplicité, dans l’évidence de la promesse républicaine qu’il est allé la puiser :

« La voie que je vous propose, c’est le redressement dans la justice, c’est l’espérance dans la promesse républicaine » dit-il. C’est en renouant avec la France, ce qu’elle n’aurait jamais dû cesser d’être, en renouant avec la République, avec sa promesse nos valeurs bafouées par des années de dérive, que le pays reprendra confiance.

« Je suis venu vous parler de la France qui souffre, mais aussi de la France qui espère. (…). L’enjeu de cette campagne, à trois mois du premier tour, c’est la France. C’est la France, toujours. » déclarait d’emblée François Hollande qui s’est donc s’adressé aux Français, au peuple français en n’oubliant aucun des sujets qui aujourd’hui font mal, la sécurité, l’emploi, la laïcité, l’éducation.

La force de ce discours François Hollande l’a aussi forgée en désignant clairement son adversaire, son « unique adversaire » :

« Dans cette bataille qui s’engage, je vais vous dire qui est mon adversaire, mon véritable adversaire. Il n’a pas de nom, pas de visage, pas de parti, il ne présentera jamais sa candidature, il ne sera donc pas élu, et pourtant il gouverne. Cet adversaire, c’est le monde de la finance. Sous nos yeux, en vingt ans, la finance a pris le contrôle de l’économie, de la société et même de nos vies. »

François Hollande lance sa campagne au Bourget  François Hollande lors de son discours seul face à la Nation – © Razak

En désignant ainsi comme adversaire, ce que François Mitterrand appelait le « mur de l’argent » mais aussi en évoquant son parcours politique, François Hollande a ancré son combat, sa conquête du pouvoir pleinement à gauche. Il a aussi rassemblé. D’abord sa famille politique. Il a ainsi repris la proposition de séparation des activités de dépôt et crédit des banques de leurs opérations spéculatives, une proposition formulée dès 2008 par Ségolène Royal et intégrée par Arnaud Montebourg et Martine Aubry dans leurs projets. Autre exemple quand François Hollande reprend cette proposition anti-délocalisation de Ségolène Royal : « J’exigerai des entreprises qui se délocalisent qu’elles remboursent immédiatement les aides publiques reçues. » a-t-il ainsi déclaré après avoir évoqué la banque publique d’investissement et la priorité aux PME.

Mais au-delà de sa famille politique, en désignant ainsi la finance débridée, spéculative comme l’unique adversaire, François Hollande réussi le tour de force de (ré)-activer le clivage gauche-droite tout en rassemblant les 99% de citoyens qui souffrent d’être assujettis à la toute puissance de l’argent-roi. En tendant la main à ces 99% des Français, le candidat socialiste se place au-dessus des clivages partisans tout en les réactivant. Impossible n’est pas François !

Mais François Hollande ne m’a pas seulement surpris, il m’a aussi ému dans son hymne à l’Egalité notamment quand il a évoqué la lettre d’Albert Camus à son instituteur, me rappelant mes institutrices et instituteurs :

« L’égalité, c’est ce qui a permis à un enfant orphelin de père élevé par une mère pauvre, sourde et illettrée, de devenir prix Nobel de littérature. Il s’appelait Albert Camus et, après avoir reçu son prix, il écrivit en ces termes à son vieil instituteur : « ma première pensée, après ma mère, a été pour vous. Sans vous, sans cette main affectueuse que vous avez tendue au petit enfant pauvre que j’étais, sans votre enseignement, sans votre exemple, rien de tout cela ne me serait arrivé. » C’est pour l’égalité que nous devons agir parce que, depuis 10 ans, l’égalité recule partout. »

Et c’est avec la gorge nouée et une profonde émotion que la salle du Bourget et au-delà que nous avons entendu François Hollande déclarer solennellement :

« Je serai le Président de la fin des privilèges parce que je ne peux pas admettre que, pendant ce temps-là, pendant que certains s’enrichissent sans limite, la précarité s’étende, la pauvreté s’aggrave et 8 millions de personnes vivent en dessous du seuil de pauvreté, dont beaucoup trop d’enfants. »

Voilà comment le candidat du Rêve Français ré-enchanté est devenu en l’espace d’un discours, le Président que l’on rêverait de voir élu en Mai prochain. A nous, citoyens, citoyennes de faire que le rêve se réalise, pour être à nouveau nous-mêmes. Vivement Mai !

François Hollande lance sa campagne au Bourget

François Hollande après son discours, salue une salle conquise – © Razak

2 Commentaires

  1. Ping : François Hollande : A Président Normal, Justice Normale ! « Ze Rédac

  2. Comme cela a fait du bien ce discours ! nous avons retrouvé l’élan, l’envie. J’ai retrouvé le parti socialiste. Enfin!!!!

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